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15 Juillet 2020 | 23, Tammuz 5780 | Mise à jour le 15/07/2020 à 08h06

Chabbat Matot-Masseï : 21h29 - 22h48

Rubrique Culture/Télé

Lola marois : « Mon mari [l’humoriste Jean-Marie Bigard] aime beaucoup la religion juive et s’en rapproche »

A travers le récit de son expérience, la comédienne Lola Marois (madame Jean-Marie Bigard) délivre un message de courage et d’espoir à tous les parents de bébés prématurés.

Actualité Juive : En novembre 2012, alors que vous étiez enceinte de six mois, de violentes contractions ont précipité votre accouchement.  Combien pesaient vos jumeaux à leur naissance ?

Lola Marois : Ma fille pesait 750 grammes et mon fils, 900 grammes.

A.J. : Des «crevettes» qui ont subi des traitements qu’un adulte ne supporterait pas...

L.M. : Le seul geste de l’intubation, lorsque la respiration du bébé est défaillante, est traumatique. Mon fils a été intubé et extubé trois fois et ma fille est restée intubée pendant plus de quinze jours avant d’être opérée. 

A.J. : Ce livre suit leur combat quotidien pour survivre. Un combat qui fut aussi le vôtre et celui du couple que vous formez avec Jean-Marie Bigard. C’est un geste généreux : trouver un tel témoignage vous         aurait fait du bien...

L.M. : Il y a, sur ce sujet, une certaine forme de tabou. Sans doute parce que  l’on touche à la naissance, censée être un «heureux événement». Accoucher à six mois est presque «contre nature». La grande prématurité n’est pas connue du public. J’aurais aimé me dire, à ce moment-là, que je n’étais pas toute seule, que d’autres avaient vécu cette épreuve. Surtout avec une fin heureuse. Je n’aurais évidemment pas écrit le livre sinon...

A.J. : Vous déclinez un champ lexical dans lequel tous les parents concernés se retrouveront. Certains termes sont doux comme le «peau à peau», d’autres, techniques  (apnée, reflux...). Que dire des «petites bêtises» ?

L.M. : L’expression fait partie des litotes employées dans la vie pour désigner un fait dramatique. Les petites bêtises, ce sont des apnées à répétition, des petits arrêts cardiaques qui conduisent à réintuber le bébé et à craindre pour sa vie. C’était ma hantise quand j’appelais chaque matin. C’est comme si l’on m’avait annoncé que mes enfants n’avaient pas été sages. Une telle distance entre un petit être en souffrance et ce terme est terrible...

A.J. : Quel âge ont Bella et Jules aujourd’hui ?

L.M. : Sept mois et demi d’âge corrigé et dix mois et demi de vie. Ce sont de beaux et gros bébés...

A.J. : Et vous voilà devenue «mère juive de grands prématurés» !

L.M. : Cela fait beaucoup ! Ma sœur et moi avons été élevées comme ça par ma grand-mère, un peu «trop juive», qui m’habillait, me couvait et me protégeait plus que de raison. Ce n’est pas un leurre : les femmes juives, - nous, nous sommes d’Oran- sont particulières...

A.J. : Vous racontez votre besoin de vous tourner vers vos origines juives...

L.M. : J’aurais aimé avoir été élevée dans une famille pratiquante. Cela m’aurait aidée et cadrée. J’envie mes amis et mes proches qui font shabbat. Nous sommes juifs et fiers de l’être, sans avoir jamais été assidus. Je raconte dans le livre ma rencontre avec le rabbin, et les prières qu’il a faites pour Jules et Bella. Mon mari aime beaucoup la religion juive et s’en rapproche, avec moi. Pendant que nos enfants se battaient pour vivre, à Hanouccah dernier, chaque soir, nous allumions les bougies, en priant pour eux. Ce prochain Hanouccah avec eux sera symbolique pour nous.

A.J. : Quelle part de leurs origines allez-vous transmettre à Bella et Jules ? 

L.M. : Mes enfants sont juifs. Il est important qu’ils connaissent leur religion et qu’ils fassent au moins les grandes Fêtes. 
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