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16 Décembre 2017 | 28, Kislev 5778 | Mise à jour le 14/12/2017 à 14h19

Rubrique Israël

A LA UNE D’ACTUALITÉ JUIVE

Les non-dits du boycott

L'application mobile lancée par le BDS pour recenser les produits israéliens

Le simple fait de retracer la genèse du mouvement anti-israélien BDS (Boycott Désinvestissement Sanctions) montre bien qu’au-delà des affirmations contraires, c’est bien l’existence d’Israël qui est remise en question.

Si on les écoute, les tenants du “BDS” affirment que leur mouvement est né, en juillet 2005, d’un appel « d’organisations de la société civile palestinienne pour un boycott, un désinvestissement et des sanctions contre Israël et en faveur d’un boycott académique et culturel » du même. Ce, en réponse du refus israélien de se plier à une « décision » de la Cour Internationale de Justice condamnant la barrière de sécurité. A noter, au passage, premier mensonge, que ladite « décision » n’était qu’une opinion que l’Etat hébreu n’était pas forcé légalement de suivre.    Or, tout ceci est faux. En fait, l’origine du BDS remonte à la Conférence contre le Racisme qui s’est tenue à Durban en septembre 2001. Lors de cet événement, « il y avait la présence d’un antisémitisme terrible, particulièrement dans les discussions de certaines des ONG, expliquera par la suite Mary Robinson qui était alors le Haut Commissaire aux Droits de l’Homme de l’ONU. Un nombre de gens ont dit qu’ils n’avaient jamais été… aussi ouvertement confrontés à l’antisémitisme ».   


Evolution en 2005

Tout logiquement dès lors, la déclaration finale du forum de ces mêmes ONG présente Israël comme « un Etat apartheid » coupable de « crimes racistes, y compris de crimes de guerre, d’actes de génocide et de nettoyage ethnique ». Puis, présente un plan d’action, « la stratégie de Durban », à savoir « une politique d’isolation complète et totale d’Israël en tant qu’Etat apartheid, l’imposition de sanctions et embargos obligatoires et globaux, la cessation totale de tout lien (diplomatique, économique, social….) entre tous les Etats et Israël ». Le BDS est donc lancé. Mais son association avec la sulfureuse Conférence de Durban ne lui permet pas de prendre son essor et ses quelques initiatives sont loin d’être couronnées de succès. Les responsables en tirent les conséquences et « relookent » le mouvement en 2005 en le transformant en une riposte de la société civile palestinienne au « Mur de la honte », celui-là même qui réduira de manière spectaculaire le nombre d’attentats terroristes commis en Israël.    Mais, ce relooking ne va pas jusqu’à revoir fondamentalement le discours de Durban. Notamment, la notion d’« Etat apartheid » est conservée. Prenant modèle sur la campagne de boycott menée contre l’Afrique du Sud raciste, campagne synonyme, à juste titre, de mobilisation en faveur de la justice et contre les discriminations raciales, BDS dresse un parallèle qui n’a rien à voir avec la réalité. 


BDS prend position pour la fin d’un Etat juif       

En effet, qu’importe si, en Israël, les Arabes jouissent des mêmes droits que les juifs, si les Palestiniens de la rive Ouest et de Gaza, contrairement aux Noirs d’Afrique du Sud, n’ont jamais été citoyens du pays ou si quinze religions différentes ont un statut officiel dans l’Etat hébreu, ce concept va peu à peu entrer dans les mentalités. Non seulement grâce aux militants du BDS mais aussi grâce aux divers progressistes de par le monde et aux médias. Pourtant, comme l’écrivait en 2011 Richard Goldstone, procureur du Tribunal Pénal International, dans une tribune parue dans le New York Times, « l’accusation qu’Israël est un Etat apartheid est une accusation fausse et malveillante qui exclut plutôt qu’elle n’encourage la paix et l’harmonie ».    Reste à examiner quel devrait être le sort d’Israël si le mouvement BDS avait son mot à dire en la matière. Officiellement, se targuant d’une sorte « d’apolitisme », ses responsables déclarent qu’ils ne sont pas en faveur d’une solution au conflit israélo-palestinien plutôt qu’une autre. Un discours qui rassure et qui permet de ratisser large. Mais en se faisant, le plus souvent, les avocats du retour des « réfugiés » palestiniens (concrètement surtout celui de leurs enfants, petits-enfants, voire arrière-petits-enfants), BDS prend concrètement position pour la fin d’un Etat juif. Avec toutes les conséquences que cela pourrait avoir sur le terrain. A noter que les mentors palestiniens du mouvement sont, eux, plus clairs. Ainsi, Omar Barghouti, le fondateur du BDS version 2005, déclarait en 2010 à Ottawa : « Si l’occupation s’arrêtait, cela mettrait-il un terme à notre appel au BDS ? Non, absolument pas ». 
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