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28 Mai 2020 | 5, Sivan 5780 | Mise à jour le 28/05/2020 à 09h56

1er jour de Chavouot : 21h25 - 22h48

Rubrique Judaïsme

Parachath Vaykra : Après l’obscurité

La découpure du texte biblique est un agencement pratique pour qu’il puisse se lire sur une année. Mais on ne doit pas oublier qu’il est, fondamentalement, une totalité : une profonde unité réunit tous les textes qui composent la Thora. Ainsi, notre paracha doit aussi être comprise comme la suite de la paracha précédente, bien que ces deux textes appartiennent à deux Livres différents.

A la fin de la paracha précédente qui est aussi la dernière paracha du second Livre de la Thora, un fait troublant nous est décrit : après avoir édifié le Michkane, le temple du désert, Moché voulut y pénétrer mais une nuée descendit sur l’édifice, empêchant son entrée. Cette situation, doublement pénible, à la fois du fait de l’obscurité créée par la nuée et par l’impossibilité pour Moché d’entrer, évoque pour nos Maîtres, l’idée de voile. Mais à la suite de cela, débute notre paracha dont le nom suggère une idée contraire : Vaykra : Il appela. Par cet appel, non seulement, D.ieu se révéla à Moché mais Il lui exprima son amour, comme nous l’indique Rachi (1). Comment devons-nous comprendre cette proximité entre obscurité et dévoilement ?


Un éclat prodigieux

Les commentateurs du texte biblique vont plus loin que l’idée d’un simple dévoilement : lorsque la lumière se révèle après l’obscurité, elle est plus grande qu’une lumière qui brille en permanence puisqu’elle nait de l’absence. Dans notre vie quotidienne, cette révélation correspond au concept de Téchouva (le repentir) qui suit la faute. Avant la Téchouva, l’homme était éloigné de D.ieu. Une sorte de voile l’empêchait de voir la vérité. Puis quand, il prend conscience de cet éloignement, il va vivre ce retour, non comme une simple lumière, mais comme une lumière d’un éclat prodigieux. Tout sera alors vécu sur un mode dépassant le cadre traditionnel du judaïsme : il va pleurer (sur ses fautes), il va prier avec fougue, pratiquer les mitzvoth avec joie et chercher, constamment, le meilleur de la mitzva. On comprend à présent la nature réelle du voile de la fin de la parachath Pékoudé. En lui-même, ce voile n’était pas négatif : il n’était que le tremplin, porteur d’une élévation merveilleuse.


Au commencement

Quel enseignement peut-on tirer de cet agencement ? Un homme ou une femme peuvent connaître, dans leur vie, des moments difficiles durant lesquels l’issue ou la compréhension de diverses situations sont recouverts d’un voile épais. La tentation est forte de donner à cette obscurité une réalité consistante, sans espoir de clarté. Viennent alors nos deux parachioth pour nous donner un formidable espoir. Il nous interdit de tomber dans le pessimisme ! D.ieu ne veut que notre bien. En dépassant les difficultés, on découvre qu’elles peuvent éclairer notre vie bien au-delà de la réalité première. Comme la délivrance qui vient après l’exil. Et s’il fallait un autre texte pour conforter en nous cette idée, la parachath Béréchith, à son tout début, serait la voie idéale : n’est-il pas écrit au second verset que « l’obscurité était sur la face de l’abîme » pour lire au troisième verset : « D.ieu dit qu’il y ait de la lumière… ».

(1) Rachi (1040-1105). Le plus important commentateur de la Bible.Il s’attache à décrypter le sens simple du texte.
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