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04 Avril 2020 | 10, Nisan 5780 | Mise à jour le 03/04/2020 à 17h15

Rubrique Judaïsme

Parachath Tsav : Entre froideur et ferveur

Amalek, le Mal suprême est au cœur de ce chabbath qui porte aussi le nom de « Chabbath Za’hor », le chabbath du souvenir. Celui du mal que nous a fait Amalek (1). Mais si l’agencement du calendrier a réuni la parachath Tsav et le récit relatif à Amalek, c’est peut-être parce que notre paracha est en mesure d’éradiquer cet ennemi.

La tradition juive présente Amalek comme l’archétype du Mal pour le Mal. A l’exemple, nous dira Rachi, d’un voyou qui plonge dans une baignoire brûlante, au point de se brûler, mais pourvu (par ce saut) qu’il parvienne à refroidir l’eau qui s’y trouve. Il est vrai, dans un premier temps, qu’Amalek symbolise un peuple qui attaqua les enfants d’Israël sur la route pour recevoir la Thora, après la sortie d’Egypte. Il ne cherchait alors, qu’à refroidir l’enthousiasme d’un peuple à recevoir la Thora. Mais Amalek est aussi un concept spirituel qui sommeille au fond de chacun d’entre nous. Quand notre judaïsme est chaleureux et enflammé, il vient insidieusement refroidir notre passion pour D.ieu et tout faire pour nous prouver que les valeurs intellectuelles peuvent se passer des élans du cœur.


Au sein de l’étude

Pour repousser cette tendance, un verset de notre paracha proclame « un feu permanent sera alimenté sur l’Autel des sacrifices » (2). Le feu pour D.ieu ne doit pas seulement s’exprimer à certains moments de la journée, comme par exemple durant la prière. Il doit être continuel, permanent. La ferveur spirituelle doit animer chaque seconde de notre vie sans discontinuité. Mais sur un autre registre, nos Maîtres veulent nous apprendre que la lutte contre l’Amalek intérieur doit aussi s’exercer dans…l’étude de la Thora.


De l’Autel des sacrifices

Quand un homme étudie la Thora, il donne une large place à l’intellect puisqu’il doit constamment, au cours de l’étude, réfléchir et comprendre. Durant cette activité, la place du cœur est très réduite. L’étude peut devenir froide et rationnelle, au point parfois d’oublier son origine divine. C’est pourquoi, Rachi viendra nous rappeler (3) que la Ménora (le Candélabre) du Temple était allumée à partir d’un des brasiers de l’Autel (extérieur) des sacrifices. La lumière de la Ménora et la Ménora elle-même, symbolisent l’étude de la Thora. En précisant que sa flamme provenait du feu de l’Autel, Rachi vient nous révéler quelle doit être la teneur de cette étude : lorsqu’un Juif étudie la Thora, il doit ressentir l’origine divine de cette sagesse au point d’être prêt à sacrifier les plaisirs et le confort matériel qui sont au cœur de sa vie.

Notes :
(1) Le chabbath qui précède Pourim, nous lirons un passage de la Thora qui nous rappelle la mitzva d’effacer  le souvenir d’Amalek.
(2) Parachath Tsav, chap. 6, verset 6 ;
(3) Sur le verset 6 
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