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17 Décembre 2018 | 9, Tevet 5779 | Mise à jour le 17/12/2018 à 17h07

Rubrique France/Politique

Alain Finkielkraut: "L'antisémitisme contre Israël parle la langue de l'antiracisme"

Alain Finkielkraut travaille actuellement à son discours de réception à l'Académie française (Crédits: Hannah Assouline)

Le nouvel Académicien Alain Finkielkraut répond aux critiques dans Le Figaro de mercredi.

L'élection d'Alain Finkielkraut à l'Académie française le 10 avril dernier continue de faire parler d'elle. C'est Le Figaro qui consacre aujourd'hui au philosophe une pleine page d'entretien. Le nouvel immortel y revient sur ses thèmes de prédilection et sur les remous qui ont entouré son arrivée sous la Coupole.Alain Finkielkraut répond d'abord aux critiques que lui ont valu son intérêt pour les questions d'identité. 

"Ce qui caractérise l'antifascisme régnant, c'est une volonté éperdue et même féroce de ne pas savoir. Malheur à celui qui dit "le roi est nu"! On exécute le messager de la mauvaise nouvelle idéologique pour ne pas entendre son message. Quand je décris le changement civilisationnel qui s'est produit à Villers-Cotterêts (la maison du maître d'école a été vendue par la mairie pour en faire une mosquée, le restaurant savoyard est devenu un kebab) je suis immédiatement accusé de puiser mes sources dans un site identitaire alors que je cite textuellement un article paru dans Libération  entre les deux tours de la dernière élection présidentielle et l'on croit pouvoir se débarrasser ainsi d'une réalité dérangeante"


Débat sur les "Français de souche"

Accusé de soutenir l'intellectuel Renaud Camus, dont la thèse sur "le grand Remplacement" des "Français de souche" par d'autres peuples l'a voué aux gémonies, Alain Finkielkraut se défend et souligne la nécessité absolue de "trouver un mot pour désigner dans ce monde en mutation les Français d'origine française. Cette origine n'est pas honteuse et ce qu'elle rappelle aussi, c'est que la France ne s'est pas faite en un jour et qu'elle ne recommence pas à chaque génération". 


"Honteux d'écrire que le peuple élu se conduit comme la race supérieure" 

Mais c'est également sur son soutien Israël que le nouveau académicien a souhaité répondre aux critiques. Parmi ses détracteurs à l'Académie, le nom de Danielle Sallenave est revenu le plus souvent. La romancière, défenseure de la cause palestinienne, aurait selon certains échos manœuvré en coulisses pour empêcher l'élection de l'auteur de L'identité malheureuseFace à ses détracteurs, le philosophe répond "qu'il est honteux d'écrire qu'en Israël, aujourd'hui, le peuple élu se conduit comme la race supérieure. J'appelle moi-même à la constitution des deux Etats (...) mais je vois aussi se constituer contre Israël et ceux qui sont attachés à ce pays un antisémitisme d'autant plus redoutable qu'il parle la langue de l'antiracisme". 




   
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