Default profile photo

28 Mai 2020 | 5, Sivan 5780 | Mise à jour le 28/05/2020 à 09h56

1er jour de Chavouot : 21h25 - 22h48

Rubrique Culture/Télé

Omer Avital : « Je ne veux pas oublier d'où vient la tradition musicale »

Omer Avital en concert (Crédit photo : johnrogersnyc.com)

La France est un tremplin pour les musiciens de jazz israéliens et le contrebassiste Omer Avital en fait partie, même si son aura brille depuis longtemps à New York et en Israël. L'été dernier il était au Festival de Nice. Il fait son retour à partir de ce soir à Paris au Duc des Lombards, deux mois après la sortie de son album « New Song ».

Actualité Juive : Comme leader vous avez déjà huit disques à votre actif. « New Song » sort sous le label français Plus loin music, comment vivez-vous d'être édité sur le Vieux continent et comment s'est fait le contact ?  
Omer Avital : Je suis content de l'opportunité d'être accueilli par un bon label qui pré- voit une distribution au Japon et Paris est un super-endroit pour la musique après New York. Ici les gens et le public aiment le jazz et ils sont sensibilisés à la musique d'Afrique du Nord. C'est mon producteur Sébastien Vidal (NDLR, directeur de TSFJazz, du Nice Jazz Festival et du Festival Django Reinhardt) qui nous a mis en contact. Comme nous tournons beaucoup avec mon groupe nous étions bien préparés et l'enregistrement a été réalisé en deux jours.  

 A.J. : Qu'aviez-vous à l'esprit en élaborant « New Song », est- ce une nouvelle étape de votre travail de compositeur ?  
 O.A. : Je pense que oui. Mes nouvelles compositions deviennent de plus en plus claires renforçant la cohésion du son d'ensemble du groupe. Le résultat me plaît et j'espère que le public sera lui aussi satisfait. Evidemment lorsqu'on joue depuis long- temps avec les mêmes musiciens, les compositions se font en fonction de leurs jeux et j'ai à l'esprit leur style et leurs sons. Par exemple j'ai écrit "Avishkes" en pensant au son du trompettiste Avishai Cohen, "New Song" pour le pianiste et "Tsafdina" pour le batteur Daniel Freedman.  

A.J. : Le morceau "Hafla", (la fête), ouvre le disque et comme beaucoup de vos thèmes, sonne oriental. Est-ce dans l'intention d'affirmer votre origine marocaine et yéménite ?  
O.A. : J'ai grandi avec ces musiques et cela a beaucoup de sens pour moi, même si bien qu'aujourd'hui musicien de jazz, j'ai étudié la musique classique européenne pendant de longues années. J'ai toutes ses acquisitions dans ma tête et quand j'écris c'est un peu comme un voyage. Mes origines vont toujours de ma recherche de sons et de formes pour atteindre un certain universalisme. Par exemple avec la composition « Hafla » on est dans cette culture méditerranéenne, arabe et aussi israélienne, c'est une combinaison entre des modes orientaux dont les harmonies existent aussi en Israël. Une sorte de mixe entre l'est et l'ouest, un peu comme une suite inspirée par le travail de Duke Ellington.  


"Je ne suis pas religieux mais je ne veux pas oublier d'où vient la tradition musicale" 

A.J. : Après vous être installé en 1992 à New York vous avez décidé de retourner 10 ans après en Israël pour trois ans. Que vous manquait-il ? Vous y avez d'ailleurs obtenu le prix du Premier ministre pour votre œuvre « Devotion to Piyutim ».  
 O.A. : J'avais besoin d'être à la maison, de me reposer en approfondissant mes études de composition classique et de musique arabe. J'ai suivi l'enseignement du oudiste Teissir Elias et j'ai joué dans des orchestres d'Afrique du Nord. Je me suis imbibé de cette musique comme de l'héritage de mes parents alors qu'auparavant toutes ces musiques n'étaient pas valorisées. On a enfin compris qu'il faut faire avec mais j'ai eu envie de retourner dans le monde du jazz à New York. Je ne suis pas religieux mais je ne veux pas oublier d'où vient la tradition musicale.  

A.J. : Pourquoi le choix de la contrebasse ?  
O.A. : J'ai commencé par la guitare classique, puis électrique. J'ai joué du clavier et du rock qui correspondait à mon âge, jusqu'à ce que j'essaye la contrebasse. Là j'ai compris que c'était l'instrument et ses musiques qu'il me fallait.  

A.J. : D'autres projets en préparation ?  
O.A. : Ces dernières années j'en ai eu plein de différents. Aujourd'hui j'ai envie de jouer avec ma formation et il est peut-être question d'un nouveau disque à la fin de l'année.

En concert ce soir et jusqu'à lundi (sauf samedi) au Duc des Lombards (75001)
Résa: 01 43 33 22 88

Powered by Edreams Factory