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20 Juillet 2019 | 17, Tammuz 5779 | Mise à jour le 17/07/2019 à 18h17

Rubrique Israël

Subventions : L’Union Européenne s’inquiète de la corruption palestinienne

Depuis vingt ans, l’Europe a donné près de huit milliards d’euros aux Palestiniens.

Après des années d’indulgence, l’UE commence à se lasser de la gestion palestinienne de l’aide financière européenne. Et la suspension des négociations avec Israël devrait la rendre plus regardante.

Derrière les déclarations empathiques de Catherine Ashton, la chef de la diplomatie européenne, les institutions des 28 et surtout celles qui surveillent les finances de l’Union, ne sont plus prêtes à tout laisser passer, au seul prétexte qu’il faut soutenir à tout prix le règlement du conflit au Proche-Orient et les aspirations étatiques des Palestiniens. Fin 2013, la Cour des Comptes européenne avait publié un rapport particulièrement sévère sur la manière plus que suspecte dont l’Autorité Palestinienne gère les fonds qu’elle reçoit de l’Europe. Le mois dernier, le Parlement Européen a dû prendre acte du rapport de son institution d’audit et voter une résolution de rappel à l’ordre. 


Blanchiment de capitaux et financement du terrorisme

Mais plutôt que d’attaquer directement la direction palestinienne, le Parlement s’en est d’abord pris à ses propres institutions et a exprimé « sa profonde inquiétude concernant plusieurs lacunes persistantes dans la gestion du mécanisme PEGASE par la Commission [européenne] ». Le programme PEGASE composé de représentants européens et palestiniens, encadre l’assistance économique fournie par l’UE à l’Autorité Palestinienne, et opère dans le cadre de la Commission européenne, principal organe exécutif de l’Union. Et les députés européens ont bien été obligés de constater que la Commission se montrait beaucoup trop complaisante en s’abstenant d’appliquer ses propres procédures de contrôle sur la destination des fonds versés à l’Autorité Palestinienne. Pas de suivi de l’aide qui arrive dans la Bande de Gaza, dont le Parlement souligne la corruption et s’inquiète des risques de blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme. 
   
C’est la première fois que le Parlement Européen emploie des termes aussi clairs pour qualifier les pratiques palestiniennes. Depuis vingt ans, l’Europe a injecté près de huit milliards d’euros dans les finances de l’Autorité Palestinienne. L’enlisement du processus diplomatique et l’incapacité à résoudre le conflit israélo-palestinien commencent à susciter des interrogations sur la poursuite des largesses européennes à l’économie palestinienne. Déjà en janvier dernier, quand les négociations encadrées par les Etats-Unis donnaient les premiers signes de crise, l’ambassadeur de l’UE en Israël avait averti qu’il y aurait un « prix à payer » si les pourparlers de paix devaient échouer. 
   
Depuis, les négociations ont été suspendues par Israël en réponse à la décision de Mahmoud Abbas de se réconcilier avec le Hamas. Ce qui pose un problème supplémentaire à l’Union Européenne, qui risque de se retrouver à financer indirectement un mouvement terroriste, une fois que le mouvement islamiste aura donné son accord sur la formation du prochain gouvernement palestinien d’union et prendra part aux élections qui suivront. Mais si l’Europe devait décider de couper les vivres à l’Autorité Palestinienne, elle sanctionnerait simultanément les deux camps, puisqu’elle obligerait Israël à ouvrir sa bourse pour empêcher l’effondrement des institutions palestiniennes. Une façon pour l’UE de faire pression aussi sur le gouvernement israélien pour le convaincre de reprendre les négociations. 
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