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02 Juillet 2020 | 10, Tammuz 5780 | Mise à jour le 02/07/2020 à 08h54

Chabbat 'Houkat - Balak : 21h38 - 23h01

Rubrique France/Politique

Ce que la presse écrit sur l'antisémitisme de Mehdi Nemmouche

Après l'arrestation du présumé tueur du musée juif de Bruxelles, Mehdi Nemmouche,plusieurs journaux s'inquiètent du péril antisémite que pose le nouveau djihadisme. Alors que la Syrie est devenue le centre d'attraction des radicaux islamistes dans le monde, les démocraties occidentales et leurs citoyens juifs apparaissent clairement dans la ligne de mire.

Difficile d'y échapper ce matin: l'ensemble de la presse et des médias numériques reviennent sur l'arrestation vendredi de Mehdi Nemmouche, suspecté d'être l'auteur de la fusillade du musée juif de Bruxelles. Si le profil du terroriste présumé occupe de larges colonnes, plusieurs médias analysent l'un des éléments centraux de cette tuerie: son caractère antisémite.

Il est en effet remarquable que, comme Mohamed Merah il y a deux ans, la lutte contre l'Occident dont se prévalent les djihadistes ait pris à nouveau comme principal cible un lieu assimilé aux Juifs. Les Juifs comme symbole de l'Occident impie, c'est l'un des messages du massacre de la semaine dernière. Les Juifs en première ligne du nouveau péril djihadiste, c'est l'un des enseignements capitaux de la folie meurtrière de Mehdi Nemmouche. 


"Le retour d'une judéophobie mortifière" constate Le Monde

Le journal Le Monde a trouvé les mots justes pour décrire le nouveau paysage européen. Dans un éditorial à paraître dans l'édition datée du mardi 3 juin, le quotidien aborde frontalement ce qui a été longtemps l'impensé de certains milieux médiatiques ces dernières années: le caractère antisémite des actes visant clairement les Juifs en tant que Juifs. 

"Dans l'Europe de ce début de XXIe siècle, on tue des hommes, des femmes et des enfants pour la seule raison qu'ils sont juifs. Ce n'est pas une violence indiscriminée, aveugle. Ce sont des agressions ciblées, précises, perpétrées contre des victimes choisies pour ce qu'elles sont – non pour ce qu'elles font ou auraient pu faire." Intitulé "les liens mortels du djihad et de l'antisémitisme", le texte coupe court aux interprétations "sociologisantes", moyen le plus courant pour ne pas affronter la radicalité de l'événement: l'antisémitisme n'est pas mort et tue encore des Juifs dans nos démocraties. 

"Avant d'analyser, il faut « décontextualiser », ne prendre en considération que cette singularité factuelle, celle de Bruxelles comme celle de Toulouse, pour lui donner toute sa signification : le retour d'une judéophobie mortifère, cette haine raciste à l'état pur qu'est l'antisémitisme."


Pour le journal belge Le Soir, "la Syrie a bon dos"

Dans la même veine, l'éditorial du journal belge Le Soir s'inquiète du climat de haine installé dans certains milieux de la société. Et de s'en prendre aux analogies douteuses dont sont friands les djihadistes, prétextant vaincre le régime de Bachar El Assad en Syrie en tuant des Juifs à des centaines de kilomètres d'Alep ou de Damas.  

"L’enquête franco-belge devra déterminer les motivations de ce Mehdi Nemmouche. Car la Syrie a bon dos" note l'éditorialiste, Baudouin Loos. "A ce que l’on sache, ni Israël ni les Juifs de la diaspora ne jouent un rôle majeur dans ce terrible conflit que le régime, par instinct de survie, a assez rapidement transformé en guerre entre chapelles musulmanes (aidé en cela par l’attentisme de l’Occident). Si Mehdi Nemmouche a agi par antisémitisme, comme le choix de ses cibles bruxelloises l’indique de manière criante, le terreau syrien contextualise mal son geste ignoble."

Le journal prend acte de la liaison désormais meurtrière entre le combat djihadiste et la judéophobie. "Mehdi Nemmouche, par son parcours, relie de manière improbable l’antisémitisme le plus vil et le djihadisme militant en Syrie. Une première inquiétante."     
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