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18 Avril 2021 | 6, Iyyar 5781 | Mise à jour le 04/08/2020 à 22h39

Rubrique France/Politique

Interview

Christian Estrosi: « J’ai un sérieux coup de foudre pour Israël »

Christian Estrosi a rencontré Binyamin Netanyahou à Jérusalem le 16 juin dernier.

Le maire de Nice, Christian Estrosi, est arrivé en Israël le 16 juin dernier. Et en dépit d’un agenda entièrement consacré aux trois adolescents kidnappés, le Premier ministre Netanyahou a tenu à s’entretenir avec cet ami sincère d’Israël qui n’hésite pas à clamer haut et fort son amitié. Rencontre.

Actualité Juive : Votre visite est intervenue alors que le pays est en état d’alerte pour retrouver trois jeunes Israéliens kidnappés par le Hamas. Quel est votre sentiment sur ce sujet ?

Christian Estrosi : Je souhaitais donner à ma visite une signification politique, avant tout. Elle s’inscrit dans un contexte extrêmement sensible puisque trois jeunes étudiants qui sortaient de leur école religieuse ont été kidnappés. J’en profite pour adresser à leurs parents toute mon affection. Tout cela alors qu’un gouvernement d’union Hamas-Fatah s’est constitué. En homme politique français libre, et je le revendique y compris au sein de ma formation politique, j’ai tenu à apporter mon entier soutien à B. Netanyahou et à son gouvernement dont je comprends les réserves et les initiatives concernant ce nouveau gouvernement palestinien. Nous avons des devoirs à l’égard d’Israël : sa sécurité, son indépendance et sa liberté. Sans ces bases-là, la paix ne pourra pas se construire.

A.J. : Vous êtes un fervent partisan du rapprochement bilatéral et expliquez qu’il en va désormais de l’intérêt de la France. Pourquoi ?

C.E. : La France est victime de souffrances économiques et sociales, d’une perte de croissance et d’une accentuation du déficit public. Nous devons apporter un projet qui apporte espérance à notre pays. A cet égard, que ce soit au plan économique, industriel, de l’innovation mais aussi de la sécurité de nos concitoyens, plus que jamais la France et Israël doivent avancer dans la même direction. Sur ce dernier sujet, il ne faut pas avoir peur de l’affirmer : nous sommes en état de guerre. Et même si parfois elle n’est pas très visible, et souterraine, elle est bien là. Toutes les grandes démocraties assistent à la progression du Djihadisme et en Irak, il est en train de mettre le pays à feu et à sang. Il est temps que l’Union Européenne se réveille et comprenne que nous sommes tous concernés, aux côtés d’Israël, par le problème irakien, iranien, syrien. Il en va de la sécurité de tous. Enfin, il est temps de cesser de se focaliser sur le problème israélo-palestinien en faisant croire que son issue sera la solution à tous ces problèmes. Cette attitude est stupide et cloisonnée.


« Nous devons être proches d’Israël »


A.J. : Vous avez été l’un des premiers à interdire à Dieudonné de se produire à Nice, et vous appelez « les élus de la République à s’engager contre la judéophobie ». Nice est-elle aussi victime de la montée de l’antisémitisme ?

C.E. : Nice est assez préservée. C’est le résultat d’années de travail pour tenir en éveil les consciences à travers différents projets destinés à améliorer la notion du vivre ensemble, et donc à réduire l’antisémitisme. Mais nous devons rester vigilants. J’ai invité Alexandre Arcady à venir présenter “24 jours” en avant-première qui m’a expliqué que les gens avaient retenu le “gang des barbares” mais pour la plupart oublié Ilan Halimi. Il y a donc du travail à faire…

A.J. : Un mot sur ces Français qui partent en Syrie ?

C.E. : J’ai mis en place à Nice une cellule qui apporte assistance aux parents dont les enfants partent faire le Djihad en Syrie. C’est poignant de voir à quel point ce phénomène touche des jeunes de tous horizons, classes sociales, et religions… A mon sens, le gouvernement français est encore bien trop laxiste sur la lutte contre les filières et sa coopération avec les services de renseignements. C’est encore une des raisons pour lesquelles nous devons être proches d’Israël.

A.J. : D’où vous vient cette affection particulière pour Israël et le peuple juif ?

C.E. : De rencontres fortes, dont certaines remontent à l’enfance, et d’un sérieux coup de foudre pour Israël. Un pays qui peut vous laisser soit indifférent, soit vous saisir totalement. C’est de ce minuscule point géographique que toute l’histoire de la civilisation judéo-chrétienne et l’intelligence du monde sont nées.

A.J. : Un mot sur votre actualité politique. N’est-ce pas prématuré d’avoir annoncé votre candidature aux primaires 2017 alors que votre formation n’a pas encore choisi de président ?

C.E. : J’ai souhaité me libérer du débat interne à mon parti pour pouvoir parler aux Français de sujets de fond susceptibles de changer l’avenir de la France. Je travaille sur le terrain plutôt que de perdre mon temps dans des luttes internes d’appareils politiques, dont les Français sont las.

A.J. : Vous êtes proche de Nicolas Sarkozy. S’il se présente, vous le soutiendrez ?

C.E. : Mon amitié, ma loyauté et mon parcours politique partagé avec lui sont autant de raisons de le soutenir mais en même temps je ne lui signerai pas un chèque en blanc. Il faudrait déjà savoir s’il le souhaite ou pas. Et si oui, quel est son projet politique. Car la France de 2014 n’est pas celle de 2012 et encore moins celle de 2017. Nous devons donc en savoir plus. 
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