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16 Décembre 2017 | 28, Kislev 5778 | Mise à jour le 14/12/2017 à 14h19

Rubrique Communauté

L'hommage émouvant des Juifs de France aux otages israéliens assassinés

A l'intérieur de la tente installée par le Crif devant l'ambassade israélienne à Paris (J.A.)

A l’initiative du Crif, et en association avec le FSJU et le Consistoire, une tente a été dressée non loin de l’ambassade d’Israël en France afin de rendre hommage à Eyal, Gil-ad et Naftali, adolescents israéliens assassinés par le Hamas.

Jeudi 3 juillet, 23h. Les verres tintent au Matignon, lieu cosy bien connu des soirées parisiennes. Sur le trottoir d’en face, une inhabituelle forme sombre rompt avec la douceur de vivre de ce début d’été.

Le silence semble faire cortège à l’ombre, deux vigiles la protègent. S’en rapprocher, distinguer qu’elle est une tente, et percevoir les lumières vacillantes qu’elle abrite. Des veilleuses ; certaines qui luttent contre la nuit, d’autres qui n’ont brûlé qu’un seul instant. Éphémères bien sûr, mais jamais dérisoires.

Les institutions juives ont dressé cette tente afin de recueillir les témoignages de soutien qu’elles enverront ensuite officiellement à l’Etat d’Israël suite au drame qui l’a frappé. Les photos d’Eyal (19 ans), de Gil-ad (16 ans), et de Naftali (16 ans), assassinés parce qu’Israéliens, parce que Juifs, occupent le centre de cet espace. Qui y pénètre perçoit quelque chose du sens du mot hébreu « Ohel » (« tente ») : il désigne dans la loi juive l’enceinte entourant un mort.


La peine, emprisonnée dans les lignes tracées sur les pages, devient mémoire

Avec la lumière qui assèche les regards et l’atmosphère étrange dans laquelle baignent les quelques personnes entrées dans cette ombre, ce lieu est indéniablement sacré. Lieu sacré, c’est-à-dire séparé de notre monde qui l’insulte par les joies vaines des terrasses animées de l’avenue. Lieu sacré, car le visiteur arrive avec retenue, oublie même de respirer, évite surtout de regarder qui l’a accompagné. Dans la tristesse, dans la douleur, l’être humain ne se tourne pas de suite vers son prochain, de peur de s’effondrer mutuellement.

Pourtant, au côté des photos de ces adolescents assassinés, des livres d’hommage. Parce qu’il le doit à son humanité, le judaïsme s’acharne à changer la chair en mots : la peine, emprisonnée dans les lignes tracées sur les pages, devient ainsi mémoire.

Avant que d’écrire, la curiosité constate les calligraphies tremblées de ceux qui ont précédé sur le papier. Les mots ont fui depuis longtemps, la main est peu assurée, mais les doigts décident sans elle : qu’importe, elle les suivra. L’écriture est un cri silencieux que seuls écoutent ceux qui acceptent d’ouvrir les yeux.


NB: La tente sera dressée jusqu'à 16 heures vendredi 4 juillet.

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