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16 Novembre 2018 | 8, Kislev 5779 | Mise à jour le 14/11/2018 à 18h15

17 novembre - Chabbat Vayétsé : 16h51 - 18h00

Rubrique France/Politique

Jean-Yves Camus, politologue: " Il y avait des drapeaux de l'Etat islamique (EIIL) pendant la manifestation pro-palestinienne à Paris"

Jean-Yves Camus (capture d'écran, Akadem))

Jean-Yves Camus est essayiste, politologue, et chercheur notamment à l’Observatoire des radicalités. C’est à ce titre qu’il a suivi la manifestation de dimanche dernier et ses débordements devant la synagogue Don Abravanel, rue de la Roquette.

Un cortège débordé par un groupe d’islamistes  

« Je me suis rendu au début de la manifestation dans le cadre de l’Observatoire des radicalités. J’y suis donc allé en tant que chercheur. Et il est apparu qu’il pouvait y avoir dans cette manifestation des éléments de radicalité. J’en ai trouvé.

Même s’il n’avait pas eu d’affrontement lors de la manifestation officielle, il est très singulier que l’on ait pu apercevoir le drapeau du [groupe terroriste] EI - anciennement Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL) – et des répliques de roquettes. C’est en soi un problème. Et ce n’est pas un problème qui concerne que les Juifs. Le programme politique de l’EI n’est pas tendre avec l’Occident ni avec les musulmans qui s’opposent à lui.  

Dès le début de la manifestation au niveau de République, on a entendu le slogan « Allah akhbar », et un groupe formé d’une bonne partie d’islamistes s’est détaché de la tête du cortège et a traversé le cordon de sécurité. »  


Les tentatives de cassage rue des Tournelles et au Marais   

« J’ai suivi ce groupe jusqu’au niveau du Cirque d’hiver, et je l’ai récupéré à la fin de la manifestation à Bastille. Là, beaucoup de gens se sont dispersés sans incidents. Mais il y a un groupe qui commençait à aller vers le Marais, le quartier juif.

Ce groupe s’est arrêté car un cordon de CRS barrait la rue à l’angle de la rue du Parc royal et de la rue de Francs-bourgeois, qui va vers la rue des rosiers. Là aussi un cordon CRS les attendait. Et de l’autre côté de cette barrière, il n’y avait pas un contre-manifestant juif. Ils ont vociféré un moment. Au bout d’un moment ils ont reflué. »  


La confrontation rue de la Roquette  
  

« J’ai pressenti à ce moment-là qu’il allait se passer quelque chose à la Roquette. Le rassemblement communautaire était annoncé publiquement et la rue de la Roquette commence à Bastille. J’ai rallié la rue de la Roquette par un chemin détourné et je suis arrivé devant la synagogue. Quelques CRS, la LDJ et le Betar étaient devant la synagogue sur le trottoir. Je n’ai pas vu d’armes. Je n’avais pas l’impression qu’ils étaient venus chercher quiconque.  

Au bout d’un moment j’entends quelqu’un dire : « ils arrivent ! ». J’ai vu arriver un groupe de manifestants pro-palestiniens et des jets de projectiles divers et variés par dessus la tête des CRS. Un deuxième groupe est arrivé de l’autre coté, beaucoup plus nombreux selon moi et plus déterminés Je suis rentré ensuite à l’intérieur de la synagogue. Il n’y avait aucun représentant de l’ambassade d’Israël, uniquement des représentants du judaïsme français regroupés pour lire des Psaumes (téhilim) » 
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