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16 Décembre 2017 | 28, Kislev 5778 | Mise à jour le 14/12/2017 à 14h19

Rubrique Monde juif

Netureï Karta’s blues

(Flash90)

Alors que l’internationale antisioniste reconnaît aux Nétoureï Karta un rôle prépondérant dans la lutte contre l’Etat d’Israël, leur tournée européenne a subi un échec parisien qui met à mal la distinction qu’ils opèrent entre antisémitisme et antisionisme.

Mercredi 23 avril 2014, manifestation entre Denfert-Rochereau et les Invalides. Aux côtés des associations pro-palestiniennes comme le collectif cheikh Yassine,  un groupe d’hommes barbus vêtus de noir. Ils sont juifs : ce sont les Neturei Karta, groupe d’ultra-orthodoxes qui refusent toute souveraineté à l’Etat juif avant le venue du Messie. Leur antisionisme radical ne se limite pas à une critique religieuse mais à une alliance contre nature avec des ennemis assumés du peuple Juif.  

On se souviendra qu’en 2006, nombre d’entre eux s’étaient rendus jusqu’à Téhéran pour participer à un congrès non pas antisioniste mais révisionniste, niant de fait la réalité de la Shoah. Cette participation leur avait d’ailleurs valu une menace d’excommunication (sans suite) de la part du mouvement hassidique Satmar, traditionnellement peu hostile aux Neturei Karta. Ils avaient justifié leur venue par le fait que les « sionistes » se seraient appropriés la Shoah pour justifier la création de l’Etat d’Israël. Mais entre ceux qui niaient la Shoah et ceux qui se plaignaient de ses effets, le grand écart semblait net, mais n’avait pas provoqué d’interrogation chez quiconque.  


Protégés par un cordon

La cause palestinienne, commune, aurait dû maintenir une sorte d’alliance de circonstance. Las ! Même s’ils s’étaient fait remarquer à Londres mimant aux côtés d’autres antisionistes la désormais exportée « quenelle » de Dieudonné, Paris ne leur a pas été favorable, bien au contraire. En effet, même s’ils ont été parfois applaudis par la foule, nombre de militants français de cette cause si pacifique, probablement peu au courant des usages des Neturei Karta qui arborent keffieh et autres pancartes anti-israéliennes, ont littéralement fondu sur eux pour en découdre. Sionistes à leur cœur défendant ? De fait, ces ultra-orthodoxes égarés n’ont dû leur salut qu’à l’intervention rapide du service d’ordre de la manifestation, et ont passé le reste de la marche à l’arrière, protégés par un cordon de CRS.  

Dans leur solitude, sous le soleil des avenues parisiennes, peut-être ont-ils compris que leurs amis antisionistes manifestent, plus qu’un soutien au Hamas ou une haine d’Israël, mais un antisémitisme évident dont ils ont été la cible ? Le principe de réalité rejette parfois certaines illusions dans une silencieuse décence. A suivre.
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