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02 Juillet 2020 | 10, Tammuz 5780 | Mise à jour le 02/07/2020 à 08h54

Chabbat 'Houkat - Balak : 21h38 - 23h01

Rubrique Culture/Télé

Caroline Loeb ("C'est la ouate"): "Pour 5775, continuons à voir la beauté partout"

La légendaire interprète du tube "C'est la ouate" joue actuellement au théâtre du Gymnase. (Crédits photo : Pauline Belmonte. Envoyée par Caroline Loeb)

Accompagnée de Gérald Elliott et Fred Parker, Caroline Loeb enflamme le Gymnase avec « George Sand : ma vie, son œuvre », spectacle décalé, hommage à la grande dame du 19è siècle et autoportrait délicat. Interrogée par Actualité juive, elle en a profité pour souhaiter ses vœux de Roch Hachana.

Actualité juive : Que raconte votre spectacle « George Sand et moi » ?

Caroline Loeb : C’est une mise en abyme de l’écriture d’un spectacle sur George Sand. Je suis dans la maison de ma mère pour écrire ce spectacle, et je dois trouver une façon de raconter un maximum de choses. George Sand était un personnage extraordinaire. Elle a eu mille vies, des curiosités exponentielles : la musique, la littérature, la peinture, etc… Par cette mis en abyme, je peux tout aborder. J’ai voulu en un faire spectacle très personnel, moderne, drôle. Parce que quand on s’attaque à personnage du patrimoine, il faut le monter vivant et comment il nous touche aujourd’hui. Le spectacle touche aux sensations d’enfance, au rapport à la création. C’est d’ailleurs presque plus un spectacle sur création qu’un spectacle sur George Sand. C’est en quelque sorte, mon rapport à la création.

 

A.J. : Pourquoi ce recours aux personnages dans ce cas ? Après Mistinguett et Madonna dans votre spectacle précédent, George Sand ?

C.L. : On a toujours besoin, quand on est artiste, de références. On fait ce métier parce qu’on a entendu une chanteuse quand on avait 8 ans, vu un film à film 14 ou lu livre.  On fait cela après un coup de cœur artistique. Rendre hommage aux personnages extravagants du music hall, c’était réinventer le féminin. George Sand était une femme passionnée, libre : on a besoin de passion et de référence à des femmes libres. C’était la Madonna de l’époque : adorée, décriée, haïe. Il n’y a qu’à ce qu’ont pu écrire sur elle  les Baudelaire ou Nietzsche.

 

A.J. : Vous retrouvez-vous en elle ?

C.L. : Je m’y retrouve en tant que femme et artiste. Ce spectacle touche à des choses essentielles. J’ai l’impression qu’il est la quintessence des raisons pour lesquelles que je fais ce métier. J’y retrouve ce besoin existentiel : pour être un vrai artiste, il faut ressentir un besoin vital. Autrement, ce n’est pas la peine. C’est un peu mon parcours aussi. Dans ma logique d’artiste, j’étais venue à la chanson par l’écriture. Puis, j’ai fait de la mise en scène, notamment avec Judith Magre sur la vie de Shirley Goldfarb.


                                                                                         "Je suis effarée par ce qui se passe dans le monde"


A.J. : Quelles ont été les premiers retours ?

C.L. : Je l’ai joué au festival d’Avignon avant de le faire au théâtre du Gymnase. Le spectacle touche les adolescents : il y a un dialogue avec ma mère, avec ma fille qui ne veut pas lire. Il défend la littérature. Il y a un rapport évident à la mère. Ainsi qu’un clin d’œil à « C’est la ouate ».

 

A.J. : Pour reprendre Flaubert, George Sand, c’est vous ?

C.L. : Evidemment. La plupart des artistes peuvent dire ça. Quand on s’attaque à tout personnage célèbre, c’est une façon pudique de parler de soi. A ce propos, la tendance de parler de soi, de donner directement de l’intime, je trouve ça laid. Passer par l’intermédiaire de quelqu’un d’autre, c’est plus élégant. C’est aussi une clé pour arriver à choses plus fortes.

 

A.J. : Pour finir, quels sont vos souhaits pour l’année 5775 ?

C.L. : J’aimerais dire la paix. Tout le monde veut la paix, mais cela semble tellement impossible. Dire je veux paix, c’est naïf. Pourtant, je suis tellement effarée par ce qui se passe dans le monde. En tant qu’artiste, je crois beaucoup à l’art et la culture. Ce que je pourrais souhaiter au maximum de gens, c’est le plus de beauté possible, le plus d’ouverture. Pour reprendre Shirley Goldfarb : qu’est-ce qui fait que je continue à voir la beauté partout. Alors, pour 5775, continuons à voir la beauté partout.

 

« George Sand : ma vie, son œuvre », au théâtre du Gymnase - Studio Marie Bell. Du jeudi au samedi à 19h45. Renseignements : http://www.theatredugymnase.com/spectacle-520   

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