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16 Décembre 2017 | 28, Kislev 5778 | Mise à jour le 14/12/2017 à 14h19

Rubrique France/Politique

Comment Manuel Valls a tenté de rassurer les Juifs de France hier à la Victoire

« Se dire antisioniste ou nier le droit à l’existence de l’Etat d’Israël en voulant éviter l’accusation d’antisémitisme n’est pas possible » a déclaré le premier ministre hier soir devant les représentants de la communauté juive (J. Nahmany)

Le Premier ministre a tenu des propos fermes et rassurants lors de la traditionnelle cérémonie des vœux de Roch Hachana qui s’est tenue le 18 septembre à la Victoire, à l’initiative du Consistoire Central. 

 Dans la foulée de la conférence de presse élyséenne qu’a tenue hier François Hollande, Manuel Valls s’est rendu aux alentours de 20h20 dans la grande synagogue de la Victoire déjà pleine à craquer pour l’événement. Tout le gratin communautaire était là. Le milieu politique était aussi dignement représenté avec, entre autres, le Ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve et Anne Hidalgo qui, la veille (mercredi), avait été l’hôte du Centre communautaire de Paris pour ses premiers vœux de Roch Hachana en tant que maire de la capitale.                                                                                                 

Traditionnellement réservée au locataire de la Place Beauvau, la cérémonie organisée par le Consistoire Central avait donc une portée exceptionnelle cette année en raison de la présence du Premier ministre et, de facto, d’une kyrielle de médias, dont France 2, France 24, France Inter, Libération, l’AFP, le Nouvel Observateur ou encore Actualité Juive. 


Pour Joël Mergui, "On peut comprendre que les juifs n'aient plus de complexes à s'interroger sur leur avenir et celui de leurs enfants en France" 

Au cours de son intervention, Joël Mergui ne manquait pas de rappeler «  les émeutes urbaines anti-juives du mois de juillet qui s’inscrivent dans une longue liste de haine ». « Les Juifs de France ne demandent qu’une chose : pouvoir vivre sereinement en tant que juifs et en tant que Français. Sans qu’il soit besoin de toujours se justifier de manger casher, de défendre la circoncision (…) Sans qu’il soit besoin de sécuriser nos synagogues et nos écoles comme des forteresses. Nous sommes loin de cet idéal », déplorait d’un ton grave le président des Consistoires, abordant ensuite les menaces de l’islamisme radical et du djihadisme.   « Après tout cela, je crois que l’on peut comprendre que les juifs n’aient plus de complexes à s’interroger sur leur avenir et celui de leurs enfants en France. »                                                                             

Moins alarmiste, le Grand rabbin de France Haïm Korsia déclarait à plusieurs reprises « avoir confiance en la France » et en « son gouvernement ». « Notre défense, c’est la France et notre bonheur dépend de la force de l’espérance républicaine.»


La France et le « danger » du djihad

Chaleureusement applaudi avant les quelque trente minutes de son discours,  Manuel Valls évoquait les débordements de la Roquette, de Sarcelles et de Bruxelles qui lui inspirent « un profond malaise ». « Attention à une forme d’indifférence, prévenait-il. L’antisémitisme, la haine des juifs, le racisme : ce n’est pas une opinion, c’est un délit. » « La lutte contre l’antisémitisme est une cause nationale. Quand on est Français et qu’on aime la France, on se bat pour cette cause, on se mobilise, on sort dans la rue », plaidait le Premier ministre d’une voix enflammée après avoir fait référence à l’explosion des actes antisémites dans l’Hexagone observée sur les sept premiers mois de l’année 2014 (+ 91%).                                                         

Sur l’antisionisme, sa position est claire : « Se dire antisioniste ou nier le droit à l’existence de l’Etat d’Israël en voulant éviter l’accusation d’antisémitisme n’est pas possible ».  Et aussi de stigmatiser ces Français tentés par le djihad. « La France n’avait pas été confrontée à un tel danger  depuis longtemps. » Réitérant  sa volonté de veiller à la sécurité de la communauté, Manuel Valls terminait son allocution par cette formule qu’il semble apprécier : « Sans les Juifs de France, la France ne serait pas la France. » A la sortie de la Victoire, les visages étaient plus apaisés qu’une heure auparavant. « Heureusement que Valls est là pour nous rassurer un peu », nous glissait une dame avec un léger sourire.                                                                                                    

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