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04 Juin 2020 | 12, Sivan 5780 | Mise à jour le 04/06/2020 à 16h26

Chabbat Nasso : 21h31 - 22h56

Rubrique France/Politique

Léa, 15 ans: « Ils ont commencé à me montrer des vidéos des enfants morts en Palestine, à me parler de la nécessité d'agir contre les juifs. »

Le Nouvel Observateur, dans un article à paraître jeudi 2 octobre, délivre le témoignage d’une jeune fille de souche française, qui en quelques semaines a décidé de partir « faire le djihad » en Syrie, sous l’influence de recruteurs virtuels.

C’est l’histoire d’une jeune fille que rien ne prédestinait à rejoindre les rangs du terrorisme. Décrite par le Nouvel Observateur comme « une ado de 15 ans choyée, bonne élève, qui a grandi dans une belle maison de province, au sein d’une famille française soudée, aisée et athée » la vie de Léa (le prénom a été modifié) a basculé en deux mois seulement.

Alors qu’elle s’apprêtait à quitter la France pour rejoindre la Syrie, via la Turquie, la jeune fille, mise sur écoute par les services de renseignements français depuis des semaines, a été interceptée juste avant son départ. Elle a raconté son histoire au Centre de prévention contreles dérives liées à l’Islam (CPDSI) dirigée par Dounia Bouzar. Extraits :


« Un jour où je ne me sentais pas très bien, j'ai laissé sur ma page Facebook un message disant que j'aimerais pouvoir me faire pardonner toutes mes bêtises. Là, des gens m'ont ajoutée dans leurs amis et puis ils sont venus me parler. Ils sont arrivés tout seuls, très vite. Comme j'avais écrit que je souhaitais devenir infirmière, ils m'ont dit que je pouvais venir aider en Syrie, pour faire de l'humanitaire, et qu'il n'y avait rien de mieux au monde que de se faire pardonner au Sham [le Levant, où se trouve la Syrie, NDLR]. »

 

 Nouvelle "mission"

Après quelques jours passés cloitrée dans sa chambre volets fermés, à voir des vidéos sur les massacres syriens, sur l’islamophobie, envoyés par ses recruteurs virtuels, elle se laisse persuader qu’elle est une « élue » dont le destin est de rejoindre la Syrie :

« C'est très facile de trouver des passeurs. On les appelle ou on leur donne un numéro de téléphone sur internet. Ils m'ont expliqué qu'il fallait d'abord que j'aille en Turquie, que je me marie là-bas, puis que je tombe enceinte pour qu'on puisse m'emmener en Syrie avec l'enfant ».


Alors que ses parents la sauvent in extremis du départ vers la Turquie, elle reçoit de nouveaux messages lui assignant une nouvelle « mission » :

« Un jour on m'a dit : 'C'est mort, avec ce que tu as sur le dos, tu ne pourras jamais venir, alors maintenant il faut passer à l'acte en France.' Ils ont commencé à me montrer des vidéos des enfants morts en Palestine, à me parler de la nécessité d'agir contre les juifs ».

Aujourd’hui Léa a du mal à assumer ce moment de grande faiblesse d’autant qu’elle craint qu’à cause d’elle d’autres jeunes filles se soient envolées vers la Syrie.

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