Default profile photo

17 Décembre 2018 | 9, Tevet 5779 | Mise à jour le 17/12/2018 à 17h07

Rubrique Monde juif

Disparition d'Erik Cohen, « une perte incommensurable pour le judaïsme mondial »

Erik Cohen enseignait à l'Université de Bar Ilan (Akadem)

Le sociologue, décédé lundi soir en Israël, était un témoin attentif des mutations du monde juif.

C’est une disparition tragique et inattendue qui suscite depuis son annonce une très vive émotion. Le sociologue franco-israélien Erik Cohen est décédé lundi soir à Chaarei Tzedek, à l’âge de 63 ans. Il sera inhumé mercredi matin dans un cimetière de Jérusalem. Auteur des principales enquêtes sociologiques sur les communautés juives dans le monde et en France en particulier, il avait, semble-t-il, exigé la plus grande discrétion sur son état de santé qui s'était rapidement dégradé.

Né en 1951 à Oujda (Maroc), Erik Cohen était Docteur en Sociologie. Il enseignait la culture chez les jeunes, le tourisme éducatif et les méthodes de recherches à l’Université de Bar-Ilan.


Auteur d'une étude remarquée sur les Juifs de France 

Ses enquêtes et ses travaux de recherches auront été - et resteront - pour les responsables communautaires qui les lui demandaient des indicateurs précieux pour la connaissance du fait juif et la conduite de politiques institutionnelles. On se souvient de son étude sur « La jeunesse juive entre la France et Israël » publiée par l’Observatoire du monde juif en 2005, mais surtout de son enquête pour le FSJU en 2002 qui apparaît comme une des grandes études jamais menées sur les juifs en France après celles d’Emeric Deutsch en 1977 et Sergio Della Pergolla et Doris Bensimon quelques années plus tard.

Cette enquête pour le FSJU avait donné naissance au livre Heureux comme Juifs en France ? publié par les Editions Elkana et Akadem qui avait été salué dès sa sortie par Sergio Della Pergolla comme « une aide précieuse pour se former une image de l’identité culturelle et civile du collectif juif (…). L’effort d’Erik Cohen pour créer une nouvelle typologie combinant identité juives et valeurs civiles produit un modèle qui mérite d’être réfléchi ».


"Un niveau intellectuel impressionnant" 

Depuis trois ans, le sociologue travaillait dans le cadre d’une enquête nationale sur les communautés juives, menée par le Consistoire avec le concours de la FMS, du FSJU, du Joint et de l’intellectuel Shmuel Trigano.

« Nous avions une collaboration intense, fructueuse et fraternelle », confie Albert Myara, responsable du projet. « J’avais collaboré à sa première enquête sur la démographie juive en 1987, Erik Cohen se situait à un tel niveau intellectuel que j’en avais été impressionné et que je n’imaginais pas notre étude actuelle autrement qu’avec lui pour la partie scientifique. Son génie était de savoir faire des recoupements entre les questions et les réponses. Sa grande capacité de synthèse et sa maitrise de la sociologie et de la psychologie des personnes sondées lui permettaient d’obtenir des résultats très intelligents. Sa disparition est une perte incommensurable pour le judaïsme mondial ». 

Powered by Edreams Factory