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06 Juin 2020 | 14, Sivan 5780 | Mise à jour le 04/06/2020 à 16h26

Chabbat Béhaalotékha : 21h36 - 23h01

Rubrique Moyen-Orient/Monde

Le Qatar réconcilié avec ses voisins du Golfe

le roi Abdallah d'Arabie saoudite a exprimé le souhait que l'Egypte se joigne à cette réconciliation. (DR)

L'Arabie Saoudite, les Émirats arabes unis et Bahreïn vont renouer des relations diplomatiques normales avec leur voisin, le Qatar, en échange devrait cesser de soutenir les islamistes proches des Frères musulmans dans les autres Etats.

A l'issue d'un sommet qui s'est tenu à la mi-novembre à Riyad, l'Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et Bahreïn ont annoncé le retour prochain de leurs ambassadeurs au Qatar. Cette réconciliation, qui met un terme à la crise ouverte voilà huit mois, devrait permettre aux Etats du Golfe d'affronter dans l'unité la situation dangereuse qui prévaut actuellement dans la région. Intervenu le 5 mars, le rappel des ambassadeurs avait ouvert une crise sans précédent au sein du Conseil de coopération du Golfe (CGC), un organisme régional créé en 1981.

Le Qatar était accusé par les autres Etats de déstabiliser la région, de s'ingérer dans les affaires de ses voisins, de soutenir les islamistes proches des Frères musulmans dans les autres pays et de servir de refuge à des islamistes. Les voisins du Qatar se plaignaient aussi de la couverture partiale des événements de la région par la chaîne de télévision qatarie, Al-Jazeera. 


Soutien aux Frères musulmans
Le Qatar, petit émirat d'une grande richesse, peuplé d'un demi-million de nationaux et d'un million et demi de travailleurs étrangers, est pour beaucoup une véritable énigme. Proche des pays occidentaux et notamment des Etats-Unis – il abrite une importante base américaine – il apportait jusqu'à présent un soutien très important à de nombreux groupes islamistes, parmi lesquels on peut citer le Hamas, dont le leader Khaled Meshaal a trouvé refuge à Doha après avoir quitté Damas. L'Égypte avait été au cœur du différend entre l'Arabie saoudite, Bahreïn et les Émirats arabes unis d'une part et le Qatar de l'autre. Soutenant activement l'ancien chef de l'armée égyptienne, Abdel Fattah al-Sissi, qui a destitué le président islamiste Mohammad Morsi en juillet 2013 avant de se faire élire président, les trois pays reprochaient à Doha son appui aux Frères musulmans.

Après la conclusion de l'accord de Riyad, le roi Abdallah d'Arabie saoudite a exprimé le souhait que l'Egypte se joigne à cette réconciliation. Le Caire s'est contenté pour l'instant de saluer l'accord entre les monarchies du Golfe et a souligné que cette évolution était un "pas énorme" ouvrant la voie à une "nouvelle ère" dans les relations entre les pays arabes.


Pressions
L'accord conclu va rendre possible la tenue en décembre du sommet annuel du Conseil de coopération du Golfe à Doha et permettre aux six Etats membres d'affronter ensemble les nombreux dangers qui pèsent sur eux, parmi lesquels la baisse du prix du pétrole et la menace de l'Etat islamique. Pour obtenir la conclusion de cet accord, le Qatar a dû céder aux pressions de ses voisins et accepter de sérieuses concessions. On ignore le contenu exact des engagements qu'il a été contraint de prendre  dans le cadre de cette réconciliation mais il aurait notamment promis de cesser son soutien massif aux Frères musulmans dans les autres pays de la région. Il ne semble cependant pas que la ligne éditoriale d'al-Jazeera, contestée par les voisins du Qatar pour sa couverture jugée trop favorable aux Frères musulmans, ait changé…

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