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11 Décembre 2017 | 23, Kislev 5778 | Mise à jour le 10/12/2017 à 13h04

16 décembre - Chabbat Mikets : 16h36 - 17h49

Rubrique Israël

Olivier Rafowicz: Israël face aux nouveaux dangers à sa frontière nord

Crédit photo : Alain Azria

La tribune d'Olivier Rafowitz, colonel de réserve à Tsahal.

Si pendant des années, l’Etat d’Israël et Tsahal se sont préparés à des guerres conventionnelles face à des Etats comme la Syrie d’Assad père et fils et l’Irak de Saddam Hussein, la situation actuelle depuis maintenant cinq ans a créé un environnement géopolitique beaucoup plus complexe et multiple à la fois.

Aujourd'hui, à la frontière nord d’Israël, la menace est à la fois terroriste, mais également une menace militaire classique.

Le Hezbollah, armée terroriste ancrée au Liban depuis plus de 25 ans, est passé de super structure terroriste à une armée organisée, armée et soutenue par le régime iranien. Le Hezbollah possède plus de 100.000 fusées, capable d’atteindre tout le territoire israélien. En devenant un allié majeur du régime de Bashar El'Assad contre les différentes milices rebelles sunnites, le Hezbollah de Hassan Nasrallah s’est renforcé par une expérience de combat de plus en plus sophistiqué et est aujourd'hui en lutte totale face à l'Etat islamique, Daesh, dans la bekaa libanaise, en Syrie, mais également en Irak. Le Hezbollah aujourd'hui n’est plus le Hezbollah de 2006 qui faisait face à Tsahal durant la 2nde guerre du Liban. Il n’est pas non plus impossible que son action militaire contre Daesh le renforce militairement et politiquement grâce à certaines puissances occidentales l'utilisant comme bouclier face aux avancées de Daesh dans la région. Le Hezbollah continue, pour se renforcer à l’intérieur du Liban mais également face à son mentor iranien, à menacer l’Etat d’Israël qui reste son ennemi juré.


L'avancée de Daesh

Le nord d’Israël est également menacé par une avancée possible de Daesh qui pour regrouper et unir ce monde arabe en dislocation utilisera la guerre contre l’Etat d’Israël pour regagner une légitimité au sein d’un Moyen-Orient divisé. La Turquie de Erdogan qui soutient Daesh pour combattre les Kurdes est aujourd'hui un point d'interrogation militaire. Si l’islamisme se renforce en Turquie, il n’est pas impossible que, par moyen interposé, des frictions entre les intérêts turcs et les intérêts israéliens se produisent en mer méditerannée près des champs pétroliers off-shore au large de l’île de Chypre.

De plus, aujourd’hui la menace de l’État Islamique, Daesh, dans l’est de la Syrie et au nord de l’Iraq est de plus en plus grave. Il est clair que bientôt, Abou Bakar El Baghdadi tournera ses forces vers Jérusalem. Donc, si d’un point de vue historique les régimes syriens et iraquiens ont pratiquement disparu de la carte, si leurs armées respectives, vu les guerres civiles qui durent, n'ont plus les capacités opérationnelles pour être de nouveau un danger militaire face à Israël, par contre, les nouvelles forces en présence, leur mobilité et surtout la détermination de leurs chefs de guerre à casser les règles classiques de la guerre ont créé un nouvel espace de menaces conventionnelles et non-conventionnelles à la frontière nord d’Israël.

Le plateau du Golan, rempart face à Daesh et aux autres milices islamistes en Syrie, protège le nord de l’État d’Israël et permet aux forces de Tsahal d’avoir un avantage géographique. Il y a quelques années, on parlait de paix avec le régime syrien. En échange de cette paix discutée, les Israéliens devaient rendre le plateau du Golan.

Aujourd’hui, si le Golan était syrien, les milices islamistes et peut être Daesh prendraient leur bain dans les eaux du lac de Tibériade et bombarderaient quotidiennement les localités israéliennes de Galilée.

Ceci nous oblige à penser que dans ce Moyen-Orient extrêmement instable et fragile, où les leaders changent du jour au lendemain, où les cultures politiques de démocratie et de respect des accords n’existent pas, il est très dangereux dans cette période présente de parler de compromis territoriaux ou de changements de frontières.

Les risques sont énormes et pour l’heure, comme nous le montrent les changements à la frontière nord, c'est le temps de l’observation et de la préparation à toute éventualité militaire.

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