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11 Décembre 2017 | 23, Kislev 5778 | Mise à jour le 10/12/2017 à 13h04

16 décembre - Chabbat Mikets : 16h36 - 17h49

Rubrique Moyen-Orient/Monde

Interview

Frédéric Encel: « La France a toujours été en pointe dans la fermeté sur le dossier du nucléaire iranien »

PrProfesseur à l'ESG Management School et à Sciences Po Paris, Frédéric Encel vient de publier "Géopolitique du printemps arabe" (Capture d'écran)

Les négociations sur le nucléaire iranien ont repris mercredi à Genève, moins d’un mois après le sommet de Vienne le 24 novembre dernier. Le géopolitologue Frédéric Encel, auteur d’un récent "Géopolitique du printemps arabe" (PUF), décrypte pour Actuj.com les chances de succès de ces pourparlers.

Actualité Juive : Considérez-vous la prolongation des négociations entre la communauté internationale et l'Iran comme un échec? 

Frédéric Encel : Oui et non. Oui car il s'agit tout de même du second report après celui de 2013, et le temps presse. Non parce que par un faux paradoxe, les 5+1 et l'Iran se sont quittés à la fois en termes prometteurs et avec un agenda de reprise précis. Ce n'est pas ce qui se fait d'ordinaire lorsque les pourparlers échouent réellement. Je dis "faux" paradoxe car  je crois qu'un plus petit dénominateur commun n'est plus très éloigné, qui verrait l'Iran accepter de demeurer sous le seuil d'obtention de la bombe, en échange de concessions économiques et politiques très substantielles. 

 

A.J. : La pression s'accroît en Iran sur le duo Rohani-Zarif, tant du côté des Gardiens de la Révolution que du Parlement. Dans ce contexte, le Guide suprême vous semble-t-il désireux d'aboutir à un compromis?  

F.E. : Question très difficile car la décision ultime revient à un seul homme. En outre vous avez tout à fait raison d'évoquer ce clivage intra iranien. A chaque approche d'aboutissement crucial - grand classique géopolitique - les tenants d'une position intransigeante exercent de fortes pressions. Il faut espérer qu'à Téhéran les pragmatiques l'emporteront, ce dont je suis du reste convaincu.  

 

A.J. : Vous avez récemment expliqué que les résultats des midterms avaient fini de faire de Barack Obama un président "démonétisé". Les nouvelles conditions politiques aux Etats-Unis à partir de janvier peuvent elles constituer un obstacle de poids à la signature d'un accord, la volonté iranienne mise à part? 

 F.E. : Oui car Washington devient un partenaire plus faible pour deux ans. Cela dit, n'exagérons pas ; les Etats-Unis ne sont pas les seuls à s'opposer à Téhéran sur cette affaire, puisque les trois puissances française, britannique et allemande d'une part, les puissances russe et chinoise d'autre part, partagent le credo selon lequel l'Iran ne doit pas accéder à la bombe. 

 

A.J. : Quel regard portez-vous sur la position de la France dans ce dossier? 

F.E. : Depuis 2007, la France a toujours été en pointe dans la fermeté sur le dossier du nucléaire iranien, et c'est une très bonne chose. Sa voix pèse encore davantage aujourd'hui, puisqu'elle frappe l'Etat islamique et démontre ainsi à Téhéran qu'elle n'entretient pas à son endroit d'animosité spécifique. Rarement la France n'a été à la fois aussi présente et aussi écoutée au Moyen-Orient et dans le monde arabe. 


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