Default profile photo

24 Mars 2017 | 26, Adar 5777 | Mise à jour le 23/03/2017 à 17h41

Chabbat Vayakel-Pekoudé : 18h51 - 19h59

Rubrique Sport

Le Barça va-t-il divorcer du Qatar?

Crédit Photo : DR

Le désamour grandit entre le FC Barcelone et le Qatar. Une enquête du journal Mundo Deportivo montre qu’une frange importante des supporters du club catalan serait favorable à un changement de sponsor maillot.

L’amoureux du beau football ne peut rester indifférent au FC Barcelone. Car, de Johan Cruijff à Pep Guardiola, en passant par Frank Rijkaard, le jeu collectif des Blaugranas  est devenu une référence pour ceux qui voient le football comme un ballet sur terrains verts. L’histoire même du club évoque la résistance au dictateur Franco et les velléités indépendantistes de la Catalogne. Même achetés et payés à coups de millions, Lionel Messi et ses coéquipiers sont, qu’ils le veuillent ou non, les héritiers d’une légende et les porteurs d’une certaine conscience.

Car, et c’est l’une des spécificités du FC Barcelone, « plus qu’un club » selon sa devise, sa fameuse tunique à rayures verticales de bleu et de grenat est restée vierge de tous sponsors jusqu’en 2006 et l’annonce d’un partenariat avec l’Unicef puis avec Qatar Airways. La compagnie d’aviation avait offert la somme record de 125 millions d’euros pour figurer sur le maillot de l’emblème sportif de la Catalogne.

 

Le poids des socios 

Et c’est là que le bât blesse. Nombre de supporters, qui digéraient déjà difficilement le changement de politique, ont peu goûté à l’emprise financière de la société qatarie sur leur club. L’impact des supporters au FC Barcelone diffère de ceux d’autres championnats. En effet, le FC Barcelone, tout comme son rival le Real Madrid, ou d’autres clubs espagnols et argentins, est dirigé par des socios. Les socios sont des supporters qui achètent une petite part du club et ont, de fait, le droit de vote pour les grandes décisions concernant la vie de l’institution, comme l’élection du président.

Le président du club à l’époque, Joan Laporta, expliquait le recours à Qatar Airways afin d’éponger les pertes du club et lui permettre de conserver ses meilleurs joueurs alors que des équipes d’autres championnats leur faisaient du Barca semble assainie, et le contrat avec Qatar Airways s’achèvera courant 2015. Un mouvement qui s’amplifie parmi les socios refuse de renouveler le contrat avec la Qatar Airways, et ce pour deux raisons bien différentes.

 

Soutien au terrorisme 

La première vise un retour aux sources, c’est-à-dire un maillot dénué de tout sponsor. La seconde s’oppose radicalement au Qatar. Cette frange reproche à l’émirat, possesseur par ailleurs du Paris Saint-Germain, de ne pas respecter les Droits de l’Homme et de financer le terrorisme islamiste. Le chantier de l’organisation de la Coupe du Monde de football en 2022 a sur place fait près de 2.000 morts et les différents organismes de respect des Droits de l’Homme ont pointé du doigt la gestion très particulière du Droit du travail, parfois taxée « d’esclavage moderne ».

Mais ce sont les liens très discutés entre le Qatar et le terrorisme qui font débat. Israël qui a affaire avec le Hamas en sait quelque chose, et nombreux sont les Etats –  notamment l’Allemagne – qui ont reproché au pays des liens supposés avec l’islamisme radical. Le « soft power » qatari sent bien trop le soufre pour les socios du Barca qui, habitués à une éthique, sont 47% à envisager de mettre fin à l’accord avec Qatar Airways d’après un sondage paru dans le journal Mundo Deportivo.

 Elément intéressant de l’enquête parue le 22 décembre dans le quotidien catalan, les socios s’étonnent du procès spécifiquement fait au contrat du FC Barcelone avec Qatar Airways alors que « d’autres clubs ont des liens de sponsoring avec la compagnie aérienne des Fly Emirates ou d’autres pays des émirats » disant même qu’ils sont « le seul club stupide ! » Parmi les clubs concernés par le sponsoring de Fly Emirates ou par les pays des émirats, on trouve notamment Manchester City, Arsenal, Milan AC…

 

Le sondage de Mundo Deportivo, purement indicatif, ne garantit pas la fin de l’accord, mais démontre que le fossé grandit avec les dirigeants. Rival du président actuel Jose Bartomeu, l’éternel Joan Laporta aurait même demandé des élections anticipées.

 

Powered by Edreams Factory