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07 Juin 2020 | 15, Sivan 5780 | Mise à jour le 04/06/2020 à 16h26

Chabbat Béhaalotékha : 21h36 - 23h01

Rubrique France/Politique

Le Qatar n’aura pas son groupe d’amitié au Sénat

L’émirat demeurera représenté à la Chambre haute au sein du groupe France-Arabie Saoudite-pays du Golfe.(DR)

La formation d’un groupe d’amitié France-Qatar a été rejetée aujourd’hui dans un conteste de tensions sur le sujet au sein de l’UMP.

Il n’y aura finalement pas de groupe d’amitié France-Qatar au Sénat. Le bureau du Sénat a rendu son avis aujourd’hui, mettant un terme – au moins provisoirement - à la polémique qui sévissait depuis une semaine.

« Le Bureau a examiné une demande de création d’un groupe interparlementaire d’amitié autonome France-Qatar, en dissociant ce pays de l’actuel groupe régional "France-Arabie Saoudite et Pays du Golfe". Cette demande n’a pas été approuvée. »

L’émirat demeurera représenté à la Chambre haute au sein du groupe France-Arabie Saoudite-pays du Golfe. A l’Assemblée nationale, un groupe France-Qatar existe, sous la présidence du député UDI Maurice Leroy. Parmi ses membres, Olivier Dassault (UMP) ou François Pupponi (PS). Au nombre de 79 au Sénat et de 161 à l’Assemblée, ces groupes d’amitié ont une utilité contestée et pêchent par leur manque de transparence.


Partie remise? 

SelonLe Canard Enchaîné, le projet était porté par les sénateurs UMP Jean-Pierre Raffarin, président de la commission des affaires étrangères du Sénat, et Pierre Charon, qui était le favori pressenti pour assurer la présidence du groupe. Pour ce dernier, interrogé mardi par L’Opinion, cette décision du Bureau ne devrait pas empêcher de futures évolutions.  

« Depuis des années, l'Arabie Saoudite et le Qatar ne voulaient plus être ensemble. Nous voulions donc mettre en place le même schéma qu'à l'Assemblée. En raison du contexte, ce n'est pas possible. Nous procéderons donc en deux temps. Je me suis mis d'accord avec Gérard Larcher. En attendant, je reste au sein du groupe d'amitié régional président délégué en charge des relations avec le Qatar. »

 

Sarkozy contesté par Le Maire et Fillon

D’aucuns voyaient dans l’activisme de ces deux proches de Nicolas Sarkozy en « mission commandée » pour le chef de l’UMP, dont le mandat présidentiel a été marqué par une « lune de miel » avec l’émirat. Si François Hollande a rééquilibré cette position en se rapprochant de l’Arabie Saoudite, le Qatar n’en continue pas moins d’agiter le microcosme politique. Le ministre des affaires étrangères Laurent Fabius a récemment déclaré que les soupçons à l’égard du soutien apporté par Doha, ou par des investisseurs privés, à des mouvements terroristes en Syrie ou au Mali n’étaient « pas exact[s] ». Une affirmation en contradiction, rappelle Marianne, avec deux notes, publiées en 2012 par la DGSE puis la Direction du renseignement militaire français, qui pointaient les versements du Qatar, en armes et en dollars, en Tunisie, en Libye ou en Egypte.  

A droite, deux des principaux challengers de Nicolas Sarkozy, François Fillon et Bruno Le Maire, sont récemment montés au créneau pour exiger une réévaluation des relations avec le Qatar, dont le « double jeu » (Le Maire) au Moyen-Orient pose question. Le président du Sénat Gérard Larcher s’était lui-même opposé à la création d’un nouveau groupe.

Signe de la sensibilité du thème, M. Sarkozy est sortie de sa réserve à la mi-janvier. « Vous croyez que M. Mitterrand, M. Chirac, moi-même hier, M. Hollande aujourd’hui, on aurait cette politique d’amitié avec le Qatar si nous pensions que ce pays était uniquement le financeur du terrorisme ? ». Uniquement peut-être pas en effet. Pour le reste…

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