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28 Novembre 2021 | 24, Kislev 5782 | Mise à jour le 04/08/2020 à 22h39

Rubrique Israël

« Tout Israël pleure avec vous »: l'hommage israélien aux victimes de l'Hyper Cacher

Crédit Flash90.

Yohan Cohen, Yoav Hattab, Philippe Braham et François Michel Saada ont été inhumés au cimetière de Guivat Shaul à Jérusalem en présence de plusieurs milliers de personnes.

Le ciel est bleu. De ce bleu limpide et apaisant que l'on ne voit qu'à Jérusalem au cœur de l'hiver. Sous un grand dais blanc, une estrade et en fond un immense drapeau d'Israël. C'est là que l'on porte les quatre dépouilles enveloppées d'un simple talith. Quatre civières posées face aux familles, transies et hébétées par la douleur. Les uns après les autres, le président israélien, le Premier ministre, le chef de l'opposition, les grands Rabbins d'Israël et la ministre de l'Ecologie Ségolène Royal, venue représenter le gouvernement français, s'inclinent devant les proches des victimes.

Derrière eux, une foule compacte, des amis, des parents, mais aussi des anonymes, venus de Jérusalem et de tout le pays, qui sont arrivés dès le matin, se haussent sur la pointe des pieds, pour tenter de suivre le déroulement de la cérémonie. Des jeunes qui arborent des T-shirts à l'effigie de Yohan Cohen, des hommes et des femmes qui portent des pancartes qui rappellent celles que l'on a vu à la marche de Paris : "je suis mort parce que juif" avec les photos des quatre victimes du terroriste de l'Hyper Cacher, "je suis juif, je suis israélien je suis français et j'en ai marre !". Le silence est total. Quand le grand rabbin de Jérusalem vient déchirer les vêtements des endeuillés, dans la foule une femme chancelle. C'est une amie de François Michel Saada, arrivée de Paris dans la nuit.


La Légion d'Honneur décernée à titre posthume. 

Sur le devant de l'estrade, les proches des victimes viennent tour à tour allumer quatre flambeaux et prononcer quelques paroles. Le fils de François Michel Saada, l'épouse de Philippe Braham, le père de Yoav Hattab, l'oncle de Yohan Cohen. Ils sont dignes, ils sont brisés. Le kaddish est repris en écho par la foule. Le président Reuven Rivlin s'adresse aux familles : "Ce n'est pas ainsi que nous voulions vous accueillir en Israël. Ce n'est pas ainsi que nous voulions vous voir rentrer à la maison, dans l'Etat d'Israël. Je suis devant vous aujourd'hui avec le cœur brisé et avec moi c'est la nation tout entière qui pleure. Philippe, que pouvons-nous dire à ta femme et à tes trois enfants qui appellent leur père et dont l'appel restera orphelin ? François Michel, l'appartement que tu avais acheté en Israël était prêt, tu voulais tellement venir t'installer ici. Mais tu n'as pas eu le temps de poser la mezouza. Yoav, il y a deux semaines tu étais ici à Jérusalem et pour ta première visite au Kotel, tu avais ceint tes épaules du drapeau d'Israël. Aujourd'hui tu reviens pour la dernière fois en héros juif, comme l'un des nôtres. Yohan, tu aurais pu t'enfuir mais tu n'as pas renoncé. Tu t'es battu avec l'assassin pour sauver la vie d'un petit enfant. Tu as réussi ta lutte mais tu l'as payée de ta vie".

Après le chef de l'Etat, c'est le Premier ministre israélien qui a pris la parole : "Dans cette terre de Jérusalem, nous creusons quatre tombes pour accueillir quatre des nôtres, qui ont été tués simplement parce qu'ils étaient juifs. Les assassins ne sont pas seulement les ennemis du peuple juif. Ils sont les ennemis de toute l'humanité. Il est temps que le monde civilisé s'unisse pour les extirper de son sein" a déclaré Benyamin Netanyahou.

Ségolène Royal a également rendu hommage aux victimes, "assassinées parce qu'elles étaient juives" et assuré que "la lutte contre l'antisémitisme serait la priorité du gouvernement français pour 2015". La ministre de l'Environnement leur a décerné la Légion d'Honneur à titre posthume. 

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