Default profile photo

11 Décembre 2017 | 23, Kislev 5778 | Mise à jour le 10/12/2017 à 13h04

16 décembre - Chabbat Mikets : 16h36 - 17h49

Rubrique France/Politique

Cukierman/Boubakeur: réconciliation sur le perron

Roger Cukierman et Dalil Boubakeur à la sortie de leur entretien avec le président de la République à l'Elysée (@crif)

Le président du Crif et le recteur de la mosquée de Paris ont été reçus à l'Elysée mardi.

Une poignée de main devant les flashs,  des sourires polis et un mot qui revient: « apaisement ». Au sortir de leur entretien commun avec François Hollande et le ministre de l'Intérieur en charge des cultes Bernard Cazeneuve, mardi après-midi à l'Elysée, Roger Cukierman et Dalil Boubakeur ont donné l'impression de vouloir tourner la page après la vive polémique qui les avait opposés la veille. 

Il est 16 heures lorsque démarre cet entretien que les services de l'Elysée ont dû improviser pour éteindre le feu médiatique. L'idée d'une conciliation sous l'égide de l'exécutif aurait été validée la veille au soir, lors du tête à tête entre le président du Crif et le chef de l'Etat, dès l'arrivée de François Hollande au dîner de l'institution représentative des Juifs de France. L'Elysée se serait certainement bien passé d'une telle agitation, qui a brouillé l'annonce par le président de son plan contre l'antisémitisme au cours d'une réception devant témoigner de la solidarité nationale avec les citoyens juifs.

François Hollande avait marqué publiquement sa réserve dans son discours après les remarques du président du Crif sur l'irréprochabilité personnel de Marine Le Pen. « L'antisémitisme a des racines anciennes qui plongent dans toute l'histoire de l'extrême droite française, qui ne s'en est pas affranchie » rappelait François Hollande devant les 700 invités du 30e dîner annuel de l'organisation. Sur l'origine des derniers actes antisémites, le président avait appelé à l'apaisement tout en mettant en exergue la profanation du cimetière de Sarre-union, la semaine dernière, par des « Français de souche, comme on dit ». « Nommer les choses oui, mais en même temps unir les gens ».


"Nous sommes sur le même bateau"

16h40, François Hollande raccompagne Roger Cukierman et Dalil Boubakeur sur le perron de l'Elysée. Derrière eux, Bernard Cazeneuve s'échappe, laissant les deux responsables communautaires afficher la réconciliation attendue. C'est le président du Conseil français du culte musulman qui s'élance le premier. Exprimant à son interlocuteur « la peine des musulmans de France qui avaient souffert d'un certain nombre de mots dans le passé et prononcés hier" » Dalil Boubakeur a appelé de ses voeux un « apaisement nécessaire et plus qu'utile ». 
La réaction de Roger Cukierman était particulièrement attendue. Mardi matin, le président de l'Observatoire national contre l'islamophobie, Abdallah Zekri,  jamais à court d'invectives, exigeait des « excuses publiques » du président du Crif. D'excuses, il n'y en aura pas mais les mots de Roger Cukierman sont pesés, pour être mieux compris alors que certains médias avaient vite fait de généraliser sa mise à l'index de certains jeunes musulmans à l'ensemble de la communauté de croyants.

« Avec mon ami Dalil Boubakeur, nous nous connaissons depuis longtemps et avons créé les Amitiés judeo-musulmanes » soulignait M. Cukierman. « Dans la communauté juive, on souffre encore des meurtres par des personnes qui se réclament d'un islam radical. » Et d'ajouter, dans un message d'unité.  « Musulmans et Juifs, nous sommes sur le même bateau et souffrons du fanatisme et du djihadisme ». 
Dire la vérité tout en maintenant la cohésion nationale, le fameux « esprit du 11 janvier »: la rencontre élyséenne contribuera-t-elle à calmer la mer agitée?

Powered by Edreams Factory