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11 Décembre 2017 | 23, Kislev 5778 | Mise à jour le 10/12/2017 à 13h04

16 décembre - Chabbat Mikets : 16h36 - 17h49

Rubrique Israël

Israël, médiateur entre la Russie et l'Ukraine?

Le ministre israélien des Affaires étrangères Avigdor Liberman comprend parfaitement, non seulement la langue mais aussi la mentalité russe. (FLASH90.)

La proposition de médiation israélienne dans la crise ukrainienne avait fait sourire dans les chancelleries occidentales. Mais si Jérusalem veut aider à calmer Moscou, c'est aussi pour que la guerre froide ne revienne pas au Proche-Orient.

Pendant que se négociait à Minsk l'accord de cessez-le-feu entre Ukrainiens et séparatistes russes, Avigdor Lieberman était à Kiev pour renforcer les relations bilatérales. La visite en Ukraine du ministre israélien des Affaires étrangères était prévue de longue date et la concomitance des deux événements était une coïncidence. Pourtant, lors de son passage à Moscou le 26 janvier, Avigdor Lieberman avait proposé ses bons offices à son homologue russe pour le règlement du conflit dans l'est de l'Ukraine. L'idée d'une médiation israélienne avait presque commencé avec l'éruption de la guerre. Israël avait veillé à observer une stricte neutralité vis-à-vis des belligérants, alors que l'Europe et les Etats-Unis avaient pris le parti de Kiev. 

Il faut dire que le ministre israélien des Affaires étrangères comprend parfaitement, non seulement la langue mais aussi la mentalité russe et celle des anciennes républiques soviétiques. Ses origines moldaves l'avaient aidé à fédérer l'électorat russophone autour de son parti Israel Beitenou. Et aujourd'hui, Avigdor Lieberman pense que cet atout peut aussi servir la diplomatie israélienne. Mais cela va bien au-delà du CV du ministre des Affaires étrangères. Israël a depuis les années 90 accueilli plus d'un million d'immigrants de l'ex-URSS, qui ont gardé des attaches culturelles et familiales avec leur pays d'origine. Ce qui lui donne une place particulière dans les relations avec la Russie et ses anciens satellites. Cela dit, Israël a aussi ses propres intérêts à rechercher les bonnes grâces de Moscou.


La possible riposte russe au Moyen-Orient

Avant l'intervention franco-allemande dans le règlement du conflit, les Etats-Unis avaient commencé à envisager l'envoi d'une aide à l'Ukraine, y compris des armes pour repousser l'offensive pro-russe. Des élus démocrates et républicains ont également présenté une proposition de loi pour l'attribution d'un milliard de dollars d'assistance à Kiev. Ce genre d'initiatives n'est pas vraiment du goût d'Israël, qui préférerait ne pas voir les Américains se mêler du conflit. Les dirigeants israéliens sont parfaitement conscients des mesures de représailles que pourrait prendre Vladimir Poutine si l'on devait en arriver là. 

Si le cessez-le-feu ne tient pas et que les hostilités reprennent, une réponse américaine impliquerait que la Russie déplace à son tour ses pions sur l'échiquier. Et il n'en manque pas, à commencer par l'Iran. Soutenir Téhéran dans les négociations sur son programme nucléaire, mais au-delà, l'encourager dans ses visées hégémoniques contre les sunnites. Ce qui veut dire par exemple que Moscou pourrait armer des alliés de l'Iran, comme par exemple le président syrien Bashar al Assad, à qui il doit livrer depuis des années des batteries antimissiles S300. Inutile de rappeler que cet armement, entre les mains de l'armée syrienne pourrait arriver rapidement entre celles du Hezbollah et représenter une menace sérieuse pour l'aviation israélienne. Vladimir Poutine le sait, et jusqu'à présent, il a accepté d'en différer la livraison, à la demande d'Israël mais surtout des Etats-Unis. Voilà pourquoi, si l'on devait s'acheminer vers un retour de la guerre froide, Jérusalem aimerait autant qu'elle ne se propage pas au Proche-Orient. 

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