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02 Juillet 2020 | 10, Tammuz 5780 | Mise à jour le 02/07/2020 à 08h54

Chabbat 'Houkat - Balak : 21h38 - 23h01

Rubrique Culture/Télé

Yona Brant, nièce de Mike Brant : « Mike Brant a construit un pont entre la France et Israël »

« C’était un être très profond, avec une histoire familiale assez incroyable qui est racontée dans la biographie Mike Brant inoubliable » (DR)

Yona Brant nous invite à découvrir Moshé Brand, jeune homme longiligne dont la voix exceptionnelle a forgé le destin d’un chanteur inoubliable.

Actualité Juive: Quel héritage laisse Mike Brant, quarante ans après  sa disparition ? 

Yona Brant : C’est un héritage spirituel assez fort qui va au-delà de sa voix, ses chansons ou son physique. Mike n’a jamais triché. Il a tout donné en très peu de temps. Il a été messager de l’espoir et de l’amour : il l’a chanté, il l’a vécu. Encore aujourd’hui, il réunit des gens qui se reconnaissent dans sa fragilité. Ses chansons, assez simples mais aux messages forts, ont laissé des traces intenses. Mike était également un ambassadeur d’Israël en France. C’était le premier Israélien à le faire ici. Il a construit un pont entre la France et Israël et a porté l’espoir. 

A.J.: Mike Brant a tout de même souffert de son image un peu       « kitsch »… 

Y.B. : On commence tout juste à découvrir le parcours de Mike, son background. Il a été mal compris. Ce n’était pas qu’un chanteur à paillettes des 70’s. C’était un être très profond, avec une histoire familiale assez incroyable qui est racontée dans la biographie « Mike Brant inoubliable », comme la façon bouleversante dont il a appris les horreurs qu’avait vécues sa mère à Auschwitz. Il n’a jamais parlé de ces sujets à quiconque, mais cela explique ses fêlures et ce désir de réussir pour donner du réconfort à ses parents.


« Mike n’a jamais triché »


A.J.: Pour lui, comme dans sa chanson « Viens ce soir », « l’amour avait-il quitté la terre » ?

Y.B. : C’est très paradoxal, en fait. Mike était quelqu’un de très volontaire. Il a tout de même quitté son pays et sa famille à l’âge de 20 ans pour venir à Paris alors qu’il ne parlait même pas le français ! Mais très jeune, en découvrant un disque des Platters (NDLR : auteurs du tube « Only you »), il a eu ce rêve d’être un chanteur international. Il a réussi. C’était quelqu’un de très secret qui ne parlait pas de ses douleurs. Malheureusement, dans ses contrats de production, on a abusé de sa confiance et demandé beaucoup de rendement, avec jusqu’à trois tours de chant par jour ! Il a été dépassé par ce système en devenant très vite une grande star. Avant sa première tentative de suicide, il a dit ces mots à sa production : « la machine est cassée ». Il voulait se reposer, mais il devait respecter ses contrats. Les médecins lui ont dit qu’il aurait besoin de 3 ans de repos suite au surmenage et à sa tentative de suicide. Les séquelles de son passé son ressorties. Quelque temps avant son départ, il a dit à mon père : « Mon frère, sache que si je meurs demain, j’aurai mieux vécu que cent hommes. »

A.J.: En somme, peut-on dire que sa vie de comète a été heureuse ?

Y.B. : Oui, on peut dire ça. Je suis heureuse de le dire. Parce qu’il appréciait les gens et les gens aimaient sa compagnie. Il faisait des imitations, il était le premier à monter sur la table pour danser et chanter. Il a profité de la vie, c’était un épicurien. Il a eu une vie heureuse dans l’ensemble. Il a apprécié ce que la vie lui a donné. Il avait dit à mon père : « J’aime la France, ce pays est formidable. Dommage que les Français ne savent pas apprécier la valeur de leur pays. » (Rires.) 

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