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28 Novembre 2021 | 24, Kislev 5782 | Mise à jour le 04/08/2020 à 22h39

Rubrique Israël

Reconnaissance du génocide arménien: pourquoi Israël demeure dans l’ambiguïté

Crédit photo : Flash90.

La dégradation des relations avec la Turquie rapproche Israël de la reconnaissance du génocide.

En politique, on le sait, il y a la raison du cœur et la raison d'Etat. Et les deux vont rarement de pair. Pour Israël, la reconnaissance du génocide arménien aurait dû aller de soi. Mais dans un environnement hostile, il fallait également préserver la susceptibilité d'un allié stratégique aussi important que la Turquie. Israël a donc choisi de mettre sous le boisseau la tragédie du peuple arménien, dont il comprend pourtant mieux que quiconque l'ampleur et la gravité. 

Durant les années fastes des relations israélo-turques, le sujet qui fâche a d'ailleurs été soigneusement évité. En 2000, le député Meretz Yossi Sarid, alors ministre de l'Education du gouvernement d'Ehud Barak, est le premier à introduire l'étude du génocide arménien dans les manuels scolaires. Une initiative rapidement effacée par le gouvernement d'Ariel Sharon qui lui succédait un an plus tard. Mais Yossi Sarid ne désarme pas. Le leader du parti d'extrême-gauche se rend même à Erevan en 2005, pour participer aux cérémonies de commémoration organisées par l'Arménie pour les 90 ans du génocide. En 2007, c'est encore le parti Meretz qui inscrit à l'ordre du jour de la Knesset une séance consacrée au drame. Mais le gouvernement israélien doit retirer la motion sous la pression du gouvernement turc. 


Israël n’a pas franchi le pas

C'est aussi à Israël que la Turquie s'adressera la même année pour lui demander de l'aider à contrer la reconnaissance du génocide par le Congrès américain. Mais les prises de position de plus en plus antagonistes à l'égard d'Israël du nouvel homme fort de la Turquie, l'islamiste Tayyep Erdogan ont commencé à changer la donne. En 2011, la commission de l'Education de la Knesset tenait sa première séance sur le génocide arménien. En janvier dernier, à la tribune de l'Onu, le président Reuven Rivlin rappelait à son tour le massacre du peuple arménien. Et cette année pour la première fois, des représentants israéliens seront officiellement autorisés à participer aux cérémonies de commémoration du centenaire du génocide arménien. Mais Israël n'a toujours pas franchi le pas qui le sépare d'une reconnaissance formelle du massacre du peuple arménien par les Turcs. 

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