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01 Avril 2020 | 7, Nisan 5780 | Mise à jour le 31/03/2020 à 09h35

Rubrique Judaïsme

Parachat Emor: Se régénérer par la sainteté

La directrice de la Maison d'étude juive au féminin, la rabbanite Joëlle Bernheim

Le commentaire de la semaine par Joëlle Bernheim, directrice de la Maison d'étude juive au féminin.

Les lois concernant les sacrifices (Lévit. ch. 1-7), puis celles concernant le pur et l’impur (id. ch. 11-16) une fois édictées, la Tora va énoncer le principe de sainteté : «Soyez saints ! car je suis saint moi, l’Eternel votre Dieu» (id. 19,2), et consacrer la deuxième partie du livre de Vayikra à expliciter cette exigence de sainteté (id. ch. 17-27).

Dans le contexte de cette loi de sainteté vont être exposés les prescriptions concernant les «temps consacrés» : chabbat et fêtes. «Toutes les solennités devant être célébrées comme convocations saintes» (id. 23,2) sont ainsi présentées dans la Paracha Emor, selon l’ordre de leur célébration dans l’année juive. Ces convocations saintes qui voient l’exigence de sainteté redoublée, constituent des moments privilégiés, devant permettre par la qualité de la disponibilité qu’ils nous ménagent , de raviver notre sensibilité à l’égard du sacré sous des modalités différentes pour chaque fête. Pour que cette exigence de sainteté puisse être présente avec une acuité renouvelée dans notre vie quotidienne. Car l’exigence de sainteté n’a pas de sens en soi, coupée de la réalité quotidienne, elle doit l’habiter en permanence et investir tous les domaines de la vie.


Vers un accomplissement plus responsable de la loi

Il s’agit en fait, par-delà l’incitation à l’application de la loi comme telle, d’un appel qui nous est adressé, afin que nous tentions à chaque instant de rechercher le sens de la loi, pour le respecter au même titre que la loi ; que nous ne coupions jamais la loi de son sens, particulier ou global. Sorte de «super exigence» qui coifferait tout l’édifice législatif de la Tora[1]. Viser à la sainteté, c’est viser à un accomplissement plus exigeant, plus responsable de la loi, c’est aller au delà du respectif formel de la règle ; étant bien entendu que le respect de la loi reste toujours un préalable nécessaire à toute prétention à la sainteté.

Les fêtes nous permettent ainsi de nous re-sensibiliser à l’exigence de sainteté, nous rendent plus réceptifs à cette quête d’une action qui ne soit jamais dissociée  de son sens.

 

[1] Voir commentaire de Ramban et Rabbénou Behayé sur Lév. 19,2. 

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