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13 Novembre 2019 | 15, Heshvan 5780 | Mise à jour le 12/11/2019 à 15h40

Rubrique Communauté

Des cours de méditation juive à Paris

Crédit photo : DR

Le projet « Jewish Meditation » de Mira Neshama fait des émules. Deux sessions auront lieu la semaine prochaine au centre communautaire de Neuilly et à la Moishe House de Paris.

nspiration, maître-mot pour décrire les attentes vis-à-vis du religieux. Pourtant, une conception du judaïsme s’apparente parfois à un ensemble de pratiques tenant plus du juridique que du vécu intime. Toujours la même problématique qu’en son temps, le hassidisme avait tenté de résoudre en recourant au chant, à l’isolement et à la méditation. De fait, la tradition juive sut intégrer la méditation au quotidien, par exemple, avec des moments d’arrêts silencieux avant la prière ou par l’introspection (le ‘hechbon nefesh) avant le coucher. 

Depuis quelques mois, Mira Neshama assure des séances de « méditation juive » au Centre Fleg, à la Moishe House, et bientôt au CCJC de Neuilly. Très attachée aux principes méditatifs de Kalonymus Shapiro, rav du ghetto de Varsovie, son projet sur la méditation juive suit également l’action de Shlomo Carlebach, le très célèbre créateur de mélodies hassidiques. Des rabbanim comme Joël Benhamou, directeur de la Yeshiva des Etudiants à Marseille, ont ainsi pu témoigner des bienfaits de cette « gymnastique de l’esprit ».  Le but réel de Mira Neshama est de montrer que le judaïsme est « une spiritualité en actes, que ses commandements font sens, qu’il résonne dans la réalité de notre expérience vécue ».


« Une gymnastique de l’esprit »

Reste que, ancrée dans l’ici et maintenant, la méditation juive échappe à la conceptualisation. Pour Mira Neshama, « poser des mots sur la spiritualité revient bien souvent à la galvauder ». A l’horizon, c’est la recherche du lien entre le macrocosme et le microcosme qui est en jeu, « l’harmonie en nous et entre nous et le monde ». Concrètement, explique-t-elle, « chaque session débute par un tour de table où chacun se présente et dit pourquoi il est venu. C’est créer une communauté, ajoute-t-elle : comprendre qu’on est seul mais aussi avec les autres, comme la prière en Minyan ». Chacun s’assoit ensuite pour une introspection silencieuse d’environ cinq minutes : « Regarder sa journée écoulée, sans jugement, puis voir ce que l’on peut apprendre de nos erreurs ». Simplicité du silence, vertige de la solitude. Après celle-ci, un second tour de table est réalisé. Après une partie de pensée juive et de concentration dirigée, la session de médiation juive s’achève par un nigoun, « entre la voix et le chant, sans parole, pour permettre de passer de son intériorité au groupe ». La médiation juive n’exige pas un état intérieur spécifique. « Personne ne demande des intentions élevées », explique Mira Neshama. « Pars de là où tu es, de tes émotions ». Et de citer le rav Kalonymus Shapiro : « Il n’y a pas de sujet profane ou de situation de vie qu’on ne peut utiliser comme clé pour se rapprocher du divin ». 

(1) Lundi 8 juin au CCJC de Neuilly et mercredi 10 juin à la Moishe House. www.neshamajewishmeditation.com

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