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17 Décembre 2018 | 9, Tevet 5779 | Mise à jour le 17/12/2018 à 17h07

Rubrique France/Politique

Dr Olivier Kulski, Médecin Biologiste : « Les progrès techniques permettent souvent d’apporter une solution à la stérilité »

Crédit photo : DR

Dr Olivier Kulski est responsable du laboratoire de fécondation in-vitro au centre hospitalier des Quatre Villes à Saint-Cloud. Il revient sur les questions d’ordre médical et éthique liées à l’assistance médicale à la procréation.

Actualité juive : Quel est le parcours des couples que vous recevez ? 

Dr Olivier Kulski : Globalement, sur l’infertilité, on est sur 30% de causes masculines, 30% de causes féminines, 30 % de causes mixtes, et 10% de causes inexpliquées. Reste que le désir de concevoir intervient malheureusement de plus en tardivement chez les femmes. Or, l’assistance médicale à la procréation pallie certains problèmes de fertilité, mais pas les problèmes d’âge. Au-delà de 40 ans, les statistiques s’accordent sur la diminution nette des chances de conception spontanée. Si, dans un couple, la pratique régulière des rapports n’aboutit pas à une grossesse, il faut conseiller une consultation spécialisée pour bilan. Il est habituel de commencer par madame. Puis on pratique d’autres tests du couple en réservant le recours au spermogramme au cas strictement indiqué. Les problèmes halachiques que posent le spermogramme et la FIV qui sont du domaine du rabbin doivent obligatoirement être explicités par des considérations médicales seules susceptibles d’être fournies par un médecin biologiste compétent. Mais il faut se méfier de certains spécialistes trop permissifs dans un domaine halachique qu’ils n’ont pas appris à connaître par une formation suffisante. A l’inverse, le rabbin seul ne peut pas trancher sans avis médical.

A.J.: A quels problèmes faites-vous face ?

Dr O.K. : Personnellement, je tiens à rester strict et scrupuleux quels que soient les patients mais de façon encore plus marquée quand il s’agit d’un couple pratiquant. J’assure alors moi-même la surveillance de toutes les étapes stratégiques de l’assistance médicale à la procréation. J’ai cru de mon devoir, bien que médecin, de me former auprès de l’école du Rav Wozner (zal) particulièrement versé dans les problèmes halachique de l’AMP.

A.J.: Techniquement, comment cela se passe ?

Dr O.K. : Il y a quatre tentatives remboursées par la sécurité sociale. C’est une activité où il faut être très humble : c’est parfois à la 3e  ou 4e tentative que le résultat tant espéré est obtenu. Quelle que soit la méthode, il reste un impondérable, un facteur échappant à la compréhension : « c’est la main de D’ieu ». Il ne faut donc jamais désespérer. Les progrès techniques permettent d’apporter souvent une solution au problème douloureux de la stérilité. La démarche des couples demandeurs doit être motivée, réfléchie, sage et accompagnée par les conseils éclairés des médecins et l’aval halachique du rabbin.

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