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11 Décembre 2017 | 23, Kislev 5778 | Mise à jour le 10/12/2017 à 13h04

16 décembre - Chabbat Mikets : 16h36 - 17h49

Rubrique Israël

Israël n'est plus neutre dans le conflit en Syrie

Crédit : flash90.

Changement de ton des responsables de la sécurité israélienne : le ministre de la Défense reconnaît que Tsahal a ses consignes d'intervention, et un officier supérieur laisse entendre que Tsahal ne laissera pas massacrer les Druzes du Golan syrien.

Le recul constant de Bashar al Assad face aux forces rebelles est en train de changer la donne en Syrie. « L'armée syrienne a cessé d'exister » constatait, il y a quelques jours le général Yaïr Golan, vice-chef d'état-major de Tsahal. Même si personne en Israël ne se risque à donner un pronostic sur la date de la chute du régime du président syrien, il devient de plus en plus clair qu'il ne pourra plus inverser la tendance et qu'une nouvelle configuration est en train de se mettre en place.

Dans ce contexte, Israël qui jusque-là avait – du moins dans les déclarations publiques de ses dirigeants – veillé à afficher une stricte neutralité, est en train de changer de ton. « Nous intervenons en Syrie quand nos intérêts sont concernés » a reconnu le ministre israélien de la Défense dans une interview au Washington Post. Moshe Yaalon explique qu'Israël surveille les « trois lignes rouges » qui ne doivent pas être franchies : la violation de sa souveraineté territoriale, le transfert à des organisations terroristes d'armes syriennes ou iraniennes et le transfert d'armes chimiques. « Quand ces lignes rouges sont dépassées, nous intervenons » a confirmé le ministre.


Opérations ponctuelles en vue? 

On sait que depuis l'éruption du conflit civil syrien, Tsahal a effectué plusieurs raids aériens pour empêcher l'acheminement d'armes vers le Hezbollah ou pour freiner son activité trop près de la frontière, mais c'est la première fois qu'un dirigeant israélien aborde le sujet aussi ouvertement.

 Dans le même temps, un officier supérieur de l'état-major de Tsahal a évoqué d'autres considérations qui pourraient amener Israël à intervenir. « Nous ne laisserons pas des civils se faire massacrer près de notre frontière » a expliqué l'officier israélien lors d'une discussion avec des correspondants militaires le 3 juin dernier. Ce qui préoccupe l'état-major de Tsahal, c'est le sort de plusieurs villages druzes sur le Golan syrien, qui sont actuellement encerclés par les rebelles sunnites du Front al-Nusra « qui se trouvent à 100 mètres de la frontière ». Ces Druzes syriens ont de la famille du côté israélien et certains de leurs cousins servent dans  les rangs de Tsahal. « Nous avons les capacités de surveillance et de feu sur ces zones. Nous ne nous fixons pas de lignes rouges. Si des civils arrivent à la frontière, nous ne les laisserons pas entrer, mais nous ne les laisserons pas se faire tuer, et encore moins s'il s'agit de Druzes » a affirmé l'officier israélien. Si l'armée syrienne ne peut plus rien pour ces civils menacés, on pourrait donc voir Tsahal lancer une opération ponctuelle de couverture d'artillerie ou d'aviation pour desserrer l'étau autour de ces civils assiégés. Cette fois, il ne s'agirait plus de soigner des blessés, mais bien d'intervenir militairement. Une ingérence humanitaire qui pourrait avoir des conséquences. 

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