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23 Octobre 2019 | 24, Tishri 5780 | Mise à jour le 18/10/2019 à 12h54

Rubrique Communauté

Au bac, les lycées juifs frôlent l’excellence

Les établissements expliquent leur réussite par la qualité du suivi pédagogique des élèves. (DR)

Les résultats enregistrés lors de la session 2015 sont à la hauteur des attentes des directeurs d’établissements scolaires que nous avons interrogés. Tour d’horizon non exhaustif.

Cette année, sur le plan national, 524.300 élèves se sont présentés aux épreuves du baccalauréat (général, technologique et professionnel). Selon des chiffres fournis par le ministère de l’Education nationale, 78,8% des candidats ont obtenu le précieux sésame dès le premier tour. Ils sont 87,8% à l’avoir décroché à l’issue des oraux de rattrapage. Pour les postulants au bac général, qui représentent plus de la moitié de l’effectif total, le taux de réussite s’élève à 91,5%.  Qu’en est-il alors dans les lycées juifs ?

Beaucoup de directeurs d’établissements peuvent se targuer d’avoir fait un carton plein en enregistrant 100% de bacheliers. C’est le cas notamment au lycée Maïmonide de Boulogne-Billancourt (92). Sa directrice, Corinne Lafitte, s’en félicite. « 81 élèves répartis sur trois classes (1 en ES et 2 en S) ont été reçus, dont 2 via les oraux de rattrapage. Je me réjouis que certains, en difficulté scolaire, aient pu obtenir leur diplôme. Nos sessions de soutien organisées tout au long de l’année ont porté leurs fruits. Il y a peu, un lycéen m’a dit cette phrase marquante : ‘Vous m’avez forcé à réussir’. C’est la plus belle chose qu’on peut nous dire ».                                                     

Du côté d’ORT-France, qui compte six lycées, le bilan est aussi extrêmement positif. Son directeur, Marc Timsit, indique que le cru du Bac 2015 s’est soldé par  92% de réussites sur l’ensemble du réseau. « Plusieurs écoles comme à Villiers-le-Bel ou à Toulouse ont connu 100% de succès », précise-t-il. Et de poursuivre. « Le travail des enseignants n’est pas étranger à ces résultats. Mais force est de reconnaître tout de même que le niveau du bac a diminué ces dernières années. Les statistiques montrent qu’on le donne plus facilement qu’auparavant », glisse-t-il. 


« Vous m’avez forcé à réussir »

Un constat partagé par André Touboul,  directeur du lycée Beth Hanna (groupe Haya Mouchka, Paris XIXe). « Nous avons récolté 100% de réussite. Mais je ne sais pas si le niveau actuel correspond au même que celui d’il y a une dizaine d’années », estime-t-il. Toujours est-il que la satisfaction est bien là après le verdict des résultats. 

« Nous évitons toute sélection au sein de notre établissement qui abrite une majorité de jeunes filles », ajoute André Touboul. « C’est un grand bonheur de voir que des élèves fragiles sur le plan scolaire aient pu décrocher ce passeport pour les études supérieures ». A Beth Hanna, 89 élèves ont été diplômés (60 mentions et 4 via les rattrapages) dont une grande majorité dans la section scientifique.            

Par ailleurs, le groupe Ozar Hatorah dirigé par Lionel Dufresne revendique 98% de réussites sur les 200 candidats issus des six lycées de l’entité (Créteil, Sarcelles et Paris), la moitié des postulants ayant obtenu une mention. Lionel Dufresne affirme qu’aucun élève n’a été présenté en candidat libre. « Un de nos principes à Ozar Hatorah est de donner sa chance à tout le monde. Notre réussite est basée sur le travail pédagogique, l’accompagnement des élèves et aussi sur l’enseignement porté sur le Kodesh. Il sert à donner des outils, des repères et des réflexions à nos élèves. Ce qui leur donne un plus pour les matières profanes. L’objectif, en tant qu’école juive, est de construire l’élève. C’est en cela que le Kodesh a un rôle », argumente-t-il.        

A l’image du lycée Georges Léven (groupe Alliance), le lycée Sinaï, basé dans le XVIIIe arrondissement de la capitale, fait, entre autres, partie du « club des 100% de réussites ». « Toutes nos élèves se sont présentées avec brio dans les séries S, ES et STMG . Elles sont 95% à avoir glané une mention », précise Madame Kalmelson, la directrice des lieux. A la tête des Institutions Sinaï, le rav Pevzner ne souhaite pas réduire ce triomphe à un seul chiffre. « Mon père (zl) disait toujours qu’une école juive ne doit pas être une boîte à bac. Nous croyons au fait que chacun a les moyens de réussir. Nous nous mobilisons fortement à tous les niveaux pour cela », conclut-il.

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