Default profile photo

17 Décembre 2017 | 29, Kislev 5778 | Mise à jour le 14/12/2017 à 14h19

Rubrique France/Politique

Emmanuel Macron: "Les relations franco-israéliennes ont perdu 10 ans"

Emmanuel Macron a notamment participé à la Digital Conference de Tel-Aviv, le 8 septembre (Flash 90)

Au-delà des accords et partenariats conclus, la visite d’Emmanuel Macron en Israël a laissé derrière elle un sillage véritablement positif quant aux relations économiques bilatérales qui devraient, sous la férule du jeune ministre, prendre un tournant beaucoup plus dynamique.

Seuls certains organes de presse semblaient s’émouvoir de l’aspect « critique » de la visite du ministre français de l’Économie, de l’Industrie et du Numérique en Israël en raison des polémiques suscitées par le BDS et l’accord de la France concernant l’étiquetage des produits fabriqués dans les territoires disputés. Car pour Emmanuel Macron, aucun malaise. « Combien faudra-t-il répéter que la France est complètement opposée au boycott contre Israël ? Ceux qui pensent que la France pourrait soutenir un tel mouvement se trompent ou ont été trompés » expliquait-il lors d’un point de presse. Et d’en profiter pour lancer un message aux entreprises françaises : « Investissez et coopérez davantage avec les entreprises israéliennes ! ».

Décomplexé, détendu, souriant, accessible, voici le nouveau visage de la France en Israël qui, en la personne de ce trentenaire (il aura quarante ans en 2017), compte bien renforcer ses liens économiques avec l’Etat hébreu sans s’embarrasser de contingences politiques. « La France a une position politique et diplomatique claire : l'économie n'est pas, ici, un levier diplomatique. Il n'y a pas de Boycott, je le dis avec force. Je dis qu'il faut revenir investir en Israël, là où ça a du sens. Et je dis aux entreprises israéliennes de venir s'installer en France. Il n'y a pas plus pragmatique que le lien économique ». Impossible d’être plus clair.


Messages forts

Accompagné de cinquante entreprises françaises - dont certains géants - et de nombreux représentants institutionnels - Emmanuel Macron n’était pas venu faire une visite de politesse. Arrivé en Israël le 6 septembre, il a démarré sa visite par un entretien avec son homologue Arye Dery au cours duquel, E. Macron a notamment indiqué l’intérêt des entreprises françaises à participer à l’ouverture du secteur gazier en Israël et invité son homologue à se rendre à Paris en janvier 2016 pour la 3e Journée franco-israélienne de l’innovation.

 Une visite à Yad Vashem, puis direction le Technion pour un moment phare de son séjour avec la signature de partenariats importants, et notamment celui conclu avec l'Ecole Polytechnique. Après une rencontre avec le maire de Tel Aviv-Jaffa, c’est avec la communauté française réunie au lycée franco-israélien R. Leven, sur le campus de Mikvé Israël que le ministre avait rendez-vous. L’occasion de lancer des messages forts. « Vivre en Israël ne signifie pas couper les ponts avec le pays d’origine. Bien au contraire, les Franco-israéliens ont une double culture qu’il faut entretenir, chérir et qui constitue un véritable défi. Le lien avec la France doit rester vivace par-delà la distance » a-t-il affirmé en soulignant que « la France et Israël avaient un destin lié ».

 Interrogé par Actualité Juive sur ce dont il aimerait s’inspirer en Israël pour l’importer en France, le ministre a souligné son admiration pour « la capacité du système israélien à prendre des risques, casser les codes tout en valorisant la réussite. C’est le signe d’une nation qui se régénère. Et c’est très inspirant ».

Faisant allusion à la volonté des juifs de quitter la France pour Israël, le ministre a tenu à préciser que cette décision ne devait pas être motivée par la peur « parce que cela voudrait dire que nous n’avons pas été à la hauteur ». Et de lancer : « Les Juifs sont chez eux en France, ceux qui ne sont pas chez eux, ce sont les antisémites. La France ne serait pas ce qu’elle est sans les Juifs de France ».


"Nous avons perdu 10 ans"

Lundi 7 septembre, visite obligée dans les Territoires palestiniens pour une rencontre avec le président M. Abbas à Ramallah, puis un passage à Bethlehem pour l’inauguration de la zone industrielle, dont la première pierre avait été posée en 2010 mais qui n’est toujours pas opérationnelle en dépit d’un financement à hauteur de 10 millions d'euros par la France.

 On notera sa rencontre avec Yuval Steinitz, ministre des Infrastructures, ainsi que sa présence au Forum entreprises France-Israël organisé par la Chambre de Commerce Israël-France au cours de laquelle un accord-cadre binational a été signé entre la CCIIF et l’agence française de développement économique internationale, BusinessFrance. « Depuis 10 ans, le volume des échanges commerciaux entre nos deux pays n’a quasiment pas bougé. Nous avons donc perdu 10 ans » a déclaré le ministre à titre de rappel, réitérant son encouragement à commercer avec l’Etat hébreu.

  Enfin, point d’orgue de cette visite placée sous le signe de la coopération, l’inauguration et la participation, mardi 8 septembre, d’E. Macron au festival “Digital life Design”. Rendez-vous annuel des start-up israéliennes et des investisseurs mondiaux, ce très prisé salon de la haute technologie a mis des étoiles dans les yeux du ministre qui n’a pas hésité à partager son enthousiasme mais aussi… ses espoirs.

Powered by Edreams Factory