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23 Février 2020 | 28, Shevat 5780 | Mise à jour le 19/02/2020 à 18h14

Rubrique Sport

FOOTBALL

Valbuena-Matuidi, duo de fer

Valbuena et Matuidi, toujours plus haut (DR)

Après les deux victoires de l'équipe de France contre le Portugal (0-1) et la Serbie (2-1), retour sur la paire de milieu tricolore qui n'en est plus à une surprise près.

"Pourquoi il ne me respecte pas? Moi je le respecte!". Que l'on prenne l'histoire par un bout ou un autre, on en revient toujours à la même conclusion: la vérité d'un footballeur n'échappe jamais au terrain. On a cru percevoir quelque chose de la vie du footballeur Mathieu Valbuena - et peut-être un peu plus - en visionnant une séquence de l'excellente émission J+1, diffusée par Canal + Sport. La scène de la rencontre Caen-Lyon (0-4), au titre de la quatrième journée de L1, valait son pesant de cacahuètes: Mathieu Valbuena, 50 sélections en équipe de France, champion de France 2009 et recrue de l'été de l'Olympique lyonnais, est à terre. Une posture que ses "haters" ont vite fait de considérer comme la position préférentielle de "Petit Vélo", le surnom attribué au joueur par son ancien coach à l'OM, Eric Gerets. Star ou pas, Andy Delort n'en a que faire. "Relève-toi allez. Arrête de pleurer, lève toi. Allez lève toi, c'est bon on te connaît".


Réminiscences 
On a cru lire à ce moment là sur le visage du Lyonnais une forme de choc émotionnel - le mot de la semaine sans aucun doute -, comme l'expression jaillissante d'une blessure enfouie depuis la jeunesse et que l'expérience ni les gros cachets ne sont parvenus à apaiser. Mathieu Valbuena a l'habitude du rejet, depuis sa non conservation, à 15 ans, par le centre de formation de Bordeaux (qui le jugeait trop petit). Le titre de l'Equipe lundi résumait bien le parcours d'un meneur intégré entre 2004 et 2006 à l'effectif de Libourne Saint-Seurin, en National, à un âge, 20 ans, où certains confrères ont déjà franchi le Channel et passé quelques nuits à Clairefontaine: "L'incompris".


(Capture d'écran, France 3).

Incompris sans nul doute, mais sacrément persévérant. Il faudrait relire pour s'en convaincre l'interview accordée par Valbuena à So Foot, en mai 2013, pour prendre la mesure des couleuvres avalées pour gagner sa place à l'étage au-dessus: pommade dans le slip, voiture garée sur le parking de la réserve, on en passe et des meilleurs...Valbuena a intégré depuis fort longtemps que la bande-son de sa carrière serait faite de sifflets et d'invectives façon Andy Delort. Peut-être qu'il a appris à s'en moquer. Et ce n'est pas ses deux prestations réussies contre le Portugal et contre la Serbie qui le feront changer d'avis. A croire que (presque) "tout est possible dans le football, selon une mémorable sortie de Lilian Thuram.


Matuidi, taille patron

Dans un autre registre, et en dépit d'un environnement très différent, Blaise Matuidi a également quelque chose de déroutant. On le pensait longtemps infatigable porteur d'eau, partenaire d'équipe appréciée et professionnel remarquable. Indispensable mais pas non plus suffisamment talentueux pour amener les enfants à accrocher un poster à son effigie dans leur chambrée. Les choses sont incontestablement en train d'évoluer pour l'ancien joueur de Troyes et de Saint-Etienne.

Matuidi n'est plus seulement un monstre d'abattage, dotée d'une intelligence tactique au-dessus de la moyenne et de trois poumons -ce qui n'est pas négligeable au milieu de terrain. Il est désormais brillant. "Zlatenesque" pour reprendre un mot à la mode. Un type à mettre des buts qui dépassent les 100 000 vues sur You Tube. Ses anciens coéquipiers, à Clairefontaine, rapportent ce matin dans l'Equipe que leur pote Blaise "n'était pas l'un des plus promoteurs" de la promotion 1986. Doué évidemment, mais pas génial.


Un hommage à George Weah (Twitter)

Des fils de DD
Valbuena, Matuidi, deux histoires de foot où dominent trois valeurs: 1) une mentalité à tout épreuve face aux épreuves (les humiliations à répétition pour le premier, le souhait du PSG de se séparer du second après sa première saison en demi-tente, en 2011-2012); 2) une application au travail qui leur vaut le respect de leurs entraîneurs; 3) une certaine idée de la vie de footballeur pro: rien n'est jamais acquis, surtout quand on n'est pas né avec un Messi dans chaque jambe. Pas étonnant que Didier Deschamps, qui s'est rendu indispensable en tant que joueur par sa rigueur et son état d'esprit en dépit de qualités techniques relativement limitées, ait fait de ce duo des éléments incontournables de son équipe de France.        

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