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17 Février 2020 | 22, Shevat 5780 | Mise à jour le 12/02/2020 à 17h37

Rubrique Sport

Ligue des Champions

Le Maccabi Tel-Aviv à la peine, le PSG déroule

Les Blues étaient trop forts mercredi pour les joueurs du Maccabi (DR)

Où il est question de Di Maria qui régale, de l'ombre de Lacazette et des cauchemars de Tal Ben Haïm.

Voir Di Maria et sourire

Bien sûr, le tableau d'affichage aurait dû être différent. Bien sûr, Paris aurait dû scorer au moins deux buts supplémentaires face à une modeste équipe de Malmö, vaincue facilement 2-0 (Di Maria, Cavani). Mais on raterait l'essentiel en ne s'attardant que sur les imperfections de la soirée: le PSG a gagné son premier match de la Ligue des Champions. Quoi, le Malmö de mardi aurait du mal à battre le 16e de L1 (Toulouse)? Certes, les Rodic, Adu et autres Rosenberg ne sont pas des foudres de guerre à l'aune d'un Ibrahmovitch même sur une jambe ou d'un Verrati. Pourtant les résultats de cette première journée de C1 ont illustré, une nouvelle fois, les pièges que pouvaient receler les entrées en matière dans cette compétition impitoyable.

Qu'on en juge: Arsenal a chuté à Zagreb face à un Dynamo dont les joueurs passent généralement leurs printemps devant leurs télés plutôt que sur une pelouse allemande ou espagnole et Manchester United s'est fait surprendre par le PSV Eindhoven, un vieil adversaire du coach mancunien, l'ex-Ajaïste Louis Van Gaal, et Valence s'est effondré  à domicile contre le Zenith Saint-Petersbourg. On doute aussi que Laurent Blanc se plaigne de cette victoire, quelque soit les éléments à améliorer. Trois points ne sont jamais une denrée devant laquelle on peut se permettre de faire la fine bouche. A l’orée  d'une saison européenne très attendue du côté parisien, cette victoire fait du bien et permet à Paris de ne pas se laisser dépasser par son principal adversaire dans le groupe A, le Real Madrid, qui l'a également emporté cette semaine. 

Au-delà, si ce PSG-Malmö a bien servi à quelque chose, c'est à renseigner sur les nouveaux équilibres du club de la capitale. S'il faudra attendre pour s'assurer que Trapp s'est remis de ses bourdes face à Bordeaux, le week-end dernier en championnat, et valider par là-même la décision de Blanc et des dirigeants qataris d'installer sur le banc Sirigu, les supporters du PSG comme les amateurs de beau jeu ont un peu plus pris la mesure de valeur ajoutée apporté par le recrutement d'Angel Di Maria. Par ses percées, ses dribbles courts ou ses diagonales pour renverser le jeu ou alerter ses attaquants dans la profondeur, l'ailier argentin a régalé par son toucher de balle alors que Zlatan n'a visiblement pas retrouvé ses sensations de l'avant-saison. Une star s'envole, l'autre atterrit, ce PSG-Malmö aura décidément annoncé quelque chose de la saison parisienne qui vient...



Lyon handicapé par ses ombres

"Un seul être vous manque et tout est dépeuplé". La formule éculée de Lamartine résonnait pourtant bel et bien mercredi soir au-dessous du Ghelamco Arena, l'antre de la Gantoise, au sortir de l'inquiétant match nul concédé par Lyon (1-1, Milicevic; Jallet). Lyon va mal et il est difficile au lendemain d'une telle prestation de ne pas imaginer ce qu'aurait pu inventer Nabil Fekir pour faire évoluer la rencontre à la faveur des Rhodaniens. Si la seconde mi-temps, et le passage du 4-4-2 au 4-3-3, a permis aux joueurs d'Hubert Fournier de sortir la tête de l'eau, les 45 premières minutes ont donné l'amère impression - au regard de la flamboyance du jeu lyonnais l'an dernier et des ambitions du président Aulas - que Lyon avait perdu son football. La latitude dont ont bénéficié les joueurs de la Gantoise pour dérouler et combiner sur les côtés va certainement hanter le staff lyonnais pendant plusieurs nuits. Et l'excuse d'un arbitrage sévère pourra difficilement être évoqué pour justifier les défaillances de cette soirée belge, l'arbitre ayant refusé un but de Depoitre à la (très) limite du hors-jeu et expulsé le talentueux Dejaegere pour une faute que 9 arbitres sur 10 auraient sanctionné d'un simple carton jaune.  

Tout ce qui distinguait cette équipe l'an dernier - le sérieux de la défense, la créativité du milieu, l'efficacité de l'attaque - semble avoir été passé par pertes et profits sous l'effet d'un été tumultueux dans la coulisse et sur le front des transferts. Une image a résumé le trouble du moment. La posture étonnamment désinvolte d'Alexandre Lacazette au moment de frapper à la 88e minute un pénalty quasiment synonyme de victoire laissait chez certains (télé)spectateurs de la rencontre comme une impression de déjà-vu: "En marchant de biais comme ça, avec le corps penché, il va le louper ce péno, je te le signe. Le gardien va l'arrêter". Les souvenirs des affrontements du dimanche matin ne meurent jamais.


Retrouvailles en mode mineur 

"J'ai beaucoup appris en quatre mois sous ses ordres". Le défenseur international Tal Ben Haïm se faisait un plaisir de retrouver celui qui l'avait recruté à l'été 2007, l'inénarrable José Mourinho. "The Special One" avait ensuite quitté le club en septembre, laissant Ben Haïm orphelin.

(sous les couleurs de Charlon...face à Chelsea)

Au terme de la prestation du joueur hier sous les couleurs de son nouveau club, le Maccabi Tel-Aviv, on ne mettrait même pas 10 shekels sur la possibilité de voir l'entraîneur portugais conseiller aux scouts de Chelsea de relancer la supervision de Ben Haïm. Impliqué dans les deux penaltys concédés par son équipe - par chance, Eden Hazar a botté le premier au-dessus des cages -, le stoppeur israélien a passé une soirée cauchemardesque.
4 buts à 0 (Willian, Oscar, Diego Costa et Fabregas), 16 tirs à 7, 60% de possession: Chelsea a dominé de la tête et des épaules. Slavisa Jokanovic avait beau connaître le stade Stamford Bridge pour y avoir joué entre 2000 et 2002, ses joueurs ont paru complètement dépassés face à l'armada londonienne. Trop de faiblesses techniques, d' insuffisances athlétiques, le Maccabi n'a pas fait le poids. Ses milieux de terrains ont connu un déchet trop important (seulement 50% de passes réussies pour Avraham  Rikan, 72% pour Nosa Igiebor) pour espérer mettre en danger Asmir Begovic, le portier de Chelsea. Il en faudra beaucoup plus pour sortir du lot, onze ans après la dernière participation du club israélien à la redoutable C1. Prochain test, le 29 septembre contre le Dynamo Kiev à domicile, ou plus exactement à Haïfa dont le stade, plus grand, accueillera les partenaires d'Eran Zehavi. 


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