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16 Décembre 2017 | 28, Kislev 5778 | Mise à jour le 14/12/2017 à 14h19

Rubrique Communauté

Roger Cukierman : « La Convention du CRIF est un moment de réflexion entre Juifs et non Juifs »

Credit : DR

Plus d’un millier de personnes sont attendues à la 6e Convention nationale du CRIF le dimanche 1er novembre au Palais des Congrès de la Porte Maillot, en partenariat avec Actualité juive et Le Figaro.

Actualité Juive: Evidemment, il y a un nom qui saute aux yeux sur le programme de la Convention, c’est celui d’Irina Bokova invitée à ouvrir la table-ronde sur « L’éducation rempart contre le racisme et l’antisémitisme ». Ne croyez-vous pas que l’éducation commence d’abord par la neutralité d’une institution comme la sienne sur la question du Proche-Orient ?

Roger Cukierman : Vous auriez raison dans un monde normal constitué de démocraties qui s’exprimeraient sur les mérites des uns et des autres. Le problème, c’est que nous avons un environnement dans le monde où des dictatures pèsent de manière péremptoire sur les institutions internationales. La commission des Droits de l’Homme de l’ONU est actuellement présidée par un Saoudien, elle l’était avant par un Iranien et encore avant un Libyen. Il n’est donc pas étonnant qu’une institution présidée par des pays dont on connaît l’éloignement de nos valeurs consacre la plupart de ses résolutions à un minuscule Etat qu’est l’Etat d’Israël et que personne ne s’intéresse à des pays qui ont pourtant des conflits frontaliers ou à des Etats qui coupent les têtes ! J’y vois aussi des intérêts mercantiles. Quand la France s’abstient sur une résolution en se séparant de l’Allemagne, des Etats-Unis, du Royaume-Uni ou du Canada, je trouve cela lamentable. Cela me paraît également motivé par le souci de plaire à une base dans une période électorale. 


A.J.: Revenons sur la Convention. Le programme est dense et couvre de nombreuses thématiques. Quels seront les temps forts ? 

R.C. : Nous aurons des personnalités de haut vol : deux ministres, Bernard Cazeneuve et Patrick Kanner, des penseurs comme Pierre Nora, Bernard-Henri Levy et Jean-Claude Casanova, des journalistes et des parlementaires de tous bords. La chef d’entreprise Clara Gaymard, présidente de General Electric France, parlera de la diversité comme outil de croissance. Il y aura matière à intéresser tous les publics avec plus de vingt-cinq sessions dans la journée, dont une en anglais avec le nouveau directeur de l’Anti-Defamation League, Jonathan Greenblatt. C’est un privilège de l’avoir avec nous, ce sera l’occasion de faire connaissance avec lui. J’ajoute que nous organiserons aussi un Salon du Livre ce jour-là.

 

A.J.: Comment cette Convention s’inscrit-elle désormais dans la vie de votre institution ? 

R.C. : C’est un rendez-vous annuel qui nous permet de réunir beaucoup de monde et de réfléchir en commun sur de nombreuses problématiques. Elle nous donne aussi l’occasion d’élever le débat avec des penseurs comme le grand rabbin de France Haïm Korsia et le philosophe Luc Ferry. L’idée étant que cette réflexion éclaire les esprits et nous permette d’y voir plus clair dans un monde très compliqué, même si nous n’aurons pas toutes les réponses… 


A.J.: Quelle place occupe-t-elle aux côtés de votre dîner annuel ?

R.C. : Le dîner est un acte politique qui nous permet de faire passer un message républicain à nos autorités et à l’ensemble du monde politique, médiatique, syndical et religieux pour exprimer notre appréhension de la situation. La Convention, elle, est une réflexion en commun et un débat ouvert entre des juifs et des non-juifs. Les deux événements sont très complémentaires. 


(1) Renseignements et inscriptions sur le site www.crif.org

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