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12 Juillet 2020 | 20, Tammuz 5780 | Mise à jour le 10/07/2020 à 14h53

Chabbat Matot-Masseï : 21h29 - 22h48

Rubrique Culture/Télé

Sarah Guetta (« Cauchemar chez le coiffeur ») : « Je puise dans le Shabbat la force qui m’anime toute la semaine »

Crédit : STÉPHANE DE BOURGIES

Une nouvelle émission va voir le jour sur M6 : « Cauchemar chez le coiffeur », selon le même principe que « Cauchemar en Cuisine ». La coiffeuse des stars, Sarah Guetta aura la lourde charge de relooker des salons de coiffure dans la difficulté et même leur propriétaire. Rencontre avec la pétillante étoile de la coiffure.

Actualité Juive : Votre actualité, c’est votre participation à « Cauchemar chez le coiffeur », une nouvelle émission consacrée à la coiffure proposée par M6. De quoi s’agit-il ?

Sarah Guetta : J’ai accepté de participer à ce projet pour saisir l’opportunité de communiquer mon enthousiasme et mon énergie à cette profession. La coiffure est un beau métier, un métier d’art, qui offre la possibilité de transformer cette matière exceptionnelle qu’est le cheveu, pour révéler une personnalité à travers une coiffure. C’est également un nouveau défi pour moi. Je souhaite partager mon feu sacré avec les coiffeurs et coiffeuses afin qu’ils ne baissent pas les bras devant les difficultés. Il est vrai qu’en France, pour la majorité, la coiffure n’est pas un sujet. Mais il n’est pas trop tard pour qu’elle le devienne. Les habitudes, dit-on, vieillissent plus que les rides. J‘espère qu’à travers cette émission nous réussirons à susciter le désir chez tous.

 

A.J.: Vous aviez déjà fait partie du Jury d’une émission de M6 sur l’artisanat. C’est de là que la proposition vous a été faite de participer à ce nouveau programme ?

S.G.: Il y a eu un casting et plusieurs personnes ont été vues. Je veux être tout public pour montrer que la coiffure est un élément important pour chaque individu. Les cheveux sont vraiment importants, ça change une personnalité et donne de la motivation au quotidien. Je voulais une émission vue par le plus grand nombre. Le fait que l’émission passe en prime time a été un élément déterminant dans ma décision.


A.J. : Dans la communauté, on vous connaît comme étant la coiffeuse des stars comme Patrick Bruel et tant d’autres mais finalement on ne vous connaît pas vraiment. Comment cet art s’est-il révélé à vous ?

S.G. : À la sortie de l’école de coiffure où je m’ennuyais un peu, j’ai eu la chance d’entrer chez la prestigieuse maison de coiffure Carita et de côtoyer d’emblée Catherine Deneuve ou la Baronne de Rothschild. J’ai découvert la magie de cet art qui, en travaillant une matière vivante comme le cheveu, pouvait embellir et sublimer les êtres, leur donner du bonheur et de la fierté. Prendre soin de sa chevelure, c’est prendre soin de soi. Je me suis passionnée pour ce métier que j’ai appris d’abord auprès de coiffeurs renommés, puis sur les plateaux de cinéma où le mot “transformation” prenait tout son sens. Tout au long de mon parcours, je me suis efforcée de cultiver intensément ce don, avec une exigence de tous les instants et la volonté de toujours prendre le parti de l’excellence. Mais si l’effort est humain, le résultat est divin. C’est un peu ma mère qui m’a emmenée dans cette voie de manière inconsciente. Mes parents étaient forains, ils faisaient les marchés, les foires internationales. Ma mère était livournaise et mon père, juif turc originaire de Tripoli et ils se sont rencontrés en Tunisie. Mon père est arrivé en France très tôt en 1928 à l’âge de 20 ans. Il aimait beaucoup la culture française, il a même été danseur mondain au Moulin Rouge. Puis il y a eu la guerre et il a été pris par les Allemands avant de réussir à se sauver, puis à être caché par un curé. Mon père est ensuite retourné à Tunis. … Mes parents se sont  alors rencontrés Ils  sont arrivés en France en 1944 où la situation était difficile. Je suis la dernière d’une famille de 10 enfants et il faut savoir que le malheur nous a frappés  car trois de mes sœurs nous ont quittés très jeunes. Cela a été très violent pour mes parents. L’une de mes sœurs était coiffeuse et on a reçu son  diplôme de l’Oréal le lendemain de sa disparition tragique dans un accident de voiture. Quarante ans après, la petite sœur que je suis, est revenue tout prés du siège de cette grande maison pour  y ouvrir un Salon de Coiffure et faire honneur à sa famille en «  passant à la télé ». 


A.J.: Dans quelle condition avez-vous fait Techouva ?

S.G. : Ma quatrième sœur Chochana, à Jérusalem, qui était religieuse et n’avait que 39 ans,  a été emportée par un cancer du sein fulgurant il y a à peine 10 ans en laissant 9 orphelins derrière elle. Cela faisait un an que je faisais Techouva grâce à elle… Je ne suis pas pour autant prosélyte car il y a des personnes avec un cœur immense qui ne sont pas pratiquantes… J’observe ce qui est écrit dans les Dix Commandements et ceci donne un sens à ma vie. A titre d’exemple, je puise dans le Shabbat la force qui m’anime toute la semaine.


A.J.: Ce passage à la télévision va-t-il changer quelque chose chez vous ?

S.G. : Je ne crois pas, cette émission est cohérente avec mon parcours : l’audiovisuel, la coiffure, la pédagogie ont toujours fait partie de mon univers et de mes valeurs. Je m’y suis tout de suite sentie à l’aise.


A.J.: Lorsque l’on voit votre livre d’or, on remarque beaucoup d’artistes de la communauté. 

Vous les attirez ?

S.G. : Je ne trouve pas. Je coiffe toutes sortes de personnes de tous horizons qui tous respectent ma religion et acceptent ce qu’elle implique.


A.J.: Toucher les cheveux de quelqu’un, c’est toucher à l’intime. Les confidences sont alors plus faciles ?

S.G. : C’est dingue… Je pourrais écrire un livre. 


A découvrir le mardi 13 octobre, à 20h30, sur M6

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