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02 Juillet 2020 | 10, Tammuz 5780 | Mise à jour le 02/07/2020 à 08h54

Chabbat 'Houkat - Balak : 21h38 - 23h01

Rubrique Culture/Télé

Omer Avital : « La musique est une expérience commune, à l’image d’une synagogue »

D’octobre 2015 à avril 2016, Omer Avital, nabi du jazz oriental, assurera une tournée européenne avec 18 dates dont 10 en France. Son succès exponentiel dans l’Hexagone révèle un engouement pour ce que d’autres abhorrent ou recherchent : fièreté d’une identité, liberté, créativité, tout ce qui fait sens dans ce petit pays grand comme le monde, Israël. Une interview exclusive depuis New York …et un scoop pour « Actualité Juive ».

Actualité Juive : Lors de votre concert au Mucem à Marseille, le public était enthousiaste, conscient que vous étiez radicalement différent de tout ce qu’il  avait entendu auparavant. Comment ressentez-vous le public français ?

Omer Avital : C’est un public très averti en matière d’art et de musique, fou de jazz. Je pense qu’il aime ma musique pour diverses raisons mais il y a entre lui et moi une connexion spéciale, je le sens, peut-être due aux influences méditerranéennes et nord-africaines, une approche mélodique particulière.


A.J.: Votre album s’appelle New song. D’où vient ce titre ?

O.A. : C’est un moment merveilleux de sentir  l’instant de création d’une nouvelle chanson, après plusieurs jours et semaines. C’est un  sentiment particulier de savoir que ceci n’a jamais été entendu auparavant, une révélation. Dans la tradition juive, dans les anciens piyoutim on trouve l’expression Chir Hadach et en hébreu cela a une résonnance particulière.


A.J.: Un des plus beaux titres de cet album est Avishke, en référence à Avishai Cohen, trompettiste de votre quintet. Que nous dire de la relation qui vous unit à lui au point de lui dédier un titre?

O.A.: Avant tout, cela n’a rien de romantique (rires). Je le connais depuis longtemps. Petit déjà il jouait de la trompette. La première fois que nous avons joué ensemble, c’était en Israël avec Arnie Lawrence et Yonathan Avishai. Il avait 19 ou 20 ans, c’était en duo sur My funny Valentine. Et je me suis dit : « Oh ce gars est très bon ! ». Puis je l’ai rappelé pour d’autres choses et en 1989 il a participé à un très bel album. Nous jouons réciproquement nos compositions, il connaît mes airs par cœur comme s’il les avait écrits. Il ressent où musicalement je souhaite aller : j’ai besoin de cette fusion. Cet air, Avishke, très  mellow rock and slow, est né lors d’une tournée mais je ne l’ai écrit que deux ans après.  Avishai et moi avons grandi ensemble musicalement et aujourd’hui, il fait une carrière solo avec son groupe. J’en suis très heureux.


A.J.: Lors de vos concerts, on a le sentiment que vous jouez pour des amis, au milieu votre salon, tant l’atmosphère est cosy et chaleureuse. Est-ce naturel ou le fruit d’un travail abouti ?

O.A. : Les deux mais c’est avant tout naturel, je suis ainsi. La musique est une expérience commune. Cette conception fait patrie de la tradition moyen-orientale, à l’image d’une synagogue. La musique n’est pas  réservée à une partie de l’assemblée, c’est un partage. J’ai joué dans beaucoup de jazz clubs et les gens sont très proches de vous, ils ressentent cette expérience car ils en sont une partie. Avec le public, notre groupe partage un sentiment tribal d’unité.


A.J.: Le thème de la liberté structure vos compositions. La plupart des titres en est une invitation, portée par le mélange des genres musicaux. L’improvisation est-elle essentielle ?

O.A.: La combinaison des musiques n’est pas tant une décision que quelque chose de spontané. J’ai commencé le jazz en aimant des airs très traditionnels, le swing, Duke Ellington, Count Basie. J’ai grandi au milieu de la musique yéménite et marocaine que j’ai écoutée toute ma vie. Mais quand j’ai décidé d’apprendre le jazz, j’ai d’abord commencé par la guitare, de façon classique. Je sais lire une partition. Le jazz est plus artisanal. Quand j’en jouais à 20 ans, j’étais très puriste. Après j’ai entamé cette quête vers mes origines, avec la musique arabe, les piyoutim, c’est mon univers, c’est Israël. La liberté est un concept essentiel au jazz. La priorité quand on fait du jazz, c’est d’avoir la liberté d’être libre. Quand je crée sur une danse marocaine, je reste très open. Je compose, je dis quoi faire mais l’objectif est que mes musiciens trouvent leur propre voie dans ma musique. Je veux que les gens soient eux-mêmes, autant que possible. Mais notre musique est très construite.


A.J.: Avant votre tournée en France, un scoop pour nos lecteurs ?

O.A.: Après notre concert le 4 novembre au New morning, nous entrerons en studio une semaine  pour enregistrer un nouvel album… 


Renseignements sur les dates de concert : www.omeravital.com

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