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23 Septembre 2019 | 23, Elul 5779 | Mise à jour le 23/09/2019 à 15h27

Rubrique Culture/Télé

Francis Huster : « Je rêve de créer un Festival de théâtre en Israël »

« Je serai bientôt sur la scène de l’Espace Rachi pour parler de l’énigme Stefan Zweig » (DR)

Personnage incontournable du théâtre et du cinéma tel un homme orchestre, Francis Huster multiplie ses talents de comédien, metteur en scène et auteur. Il se produit actuellement au théâtre des Bouffes Parisiens pour une superbe pièce, « Avanti » de l’auteur Samuel Taylor. « Actualité Juive » l’a rencontré et s’est laissé gagner par sa passion du théâtre.

Actualité Juive : Depuis quelques années, vous êtes étroitement lié à deux hommes de théâtre, Eric-Emmanuel Schmitt, auteur et Steve Suissa, metteur en scène. Parlez-nous de cette fructueuse collaboration, qui est devenue une véritable institution au théâtre ?

F.H. : J’ai rencontré Steve Suissa, qui  a vingt ans de moins que moi,  et il m’a demandé  de jouer d’une façon cinématographique avec un  grand  naturel de jeu, Ce que le public exige maintenant, c’est un jaillissement immédiat  qui fait passer  du rire aux larmes. Je correspondais au type de jeu de Steve et également  à celui de E. E Schmitt. Voilà exactement le metteur en scène avec qui j’ai voulu retravailler. C’est le Sautet de sa génération. 


A.J.: Qu’est-ce qui vous a attiré dans cette pièce, devenue film culte et que vous interprétez en équipe alors que vous avez pendant longtemps joué en solo ?

F.H. : J’avais arrêté ma carrière cinématographique  il y a dix ans  et je vais revenir au cinéma l’an prochain.  C’est pour ça qu’ « Avanti » est un choix délibéré pour revenir dans ce milieu. L’auteur Samuel Taylor est un des quatre ou  cinq grands auteurs qui  ont révolutionné la comédie hollywoodienne. C’est un juif émigré comme Lubitsh, Capra, Wilder.  Il réussit si bien à être à la fois, d’une façon juive, extrêmement tendre, romantique, et d’une grande cruauté.  Dans ces films, des héros magnifiques paraissent sans faille  mais sont, en fait, des crevasses humaines. Avec Steve, je cherche toujours l’acteur qui pourrait entrer dans le rôle, pour la première partie de la pièce,  c’est Gregory Peck, la seconde, c’est Mac Queen. Et puis, je fais totalement couple avec Ingrid Chauvin qui est formidable. C’est un vrai miracle. Elle triomphe dans la pièce. L’Italie est magnifiquement rendue par le décor, la musique, les seconds rôles qui donnent un spectacle populaire de qualité. Et ça c’est la marque  de Steve Suissa


A.J.: Comment  est née votre passion du théâtre ? On le dit : « acteur, ce n’est pas un  métier pour un juif »… 

FH. : J’étais bon élève et  la mairie m’a offert la possibilité  d’assister à une pièce à la Comédie française à 14 ans  et j’ai vu Robert Hirsh qui jouait « Amphitrion ». Je me suis dit : « Je veux faire ça ». Mon père était totalement contre, il ne m’a pas parlé pendant trois ans, jusqu’à ce que je rentre à la Comédie française alors que ma mère était totalement pour. 


A.J.: Que vous inspirent les événements récents sur tous ces mouvements inquiétants d’antisémitisme ambiant qui minent la société française ? 

F.H. : Je sens qu’il faut se battre pour la France. Les juifs de France ont une responsabilité énorme dans ces combats et il faut que ceux qui sont morts pour cette France là, ne soient pas morts pour rien. C’est en France qu’il existe cette flamme. J’étais en Israël récemment, et mon rêve serait d’y créer un festival de théâtre,  une sorte d’Avignon. Steve et moi, on va faire un pont entre les deux pays.


A.J.: Peut-on déjà parler de projets, alors que vous fourmillez d’activités actuelles ? 

F.H. : J’envisage une grande tournée de « Love letters », « le joueur d’échec », et aussi je rêve de retravailler avec Lelouch. Je mets en scène  « Une folie » de Sacha Guitry avec Steve Suissa comme comédien. Et puis, je viens d’écrire un livre sur Stefan Zweig qui s’appelle « L’énigme Stefan Zweig » et qui va faire du bruit en soulevant une polémique énorme.  Je serai lundi 2 novembre sur la scène de l’Espace Rachi pour parler de cette énigme Stefan Zweig. 

Aux Bouffes Parisiens. Renseignements au 01 42 96 92 42.

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