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23 Février 2020 | 28, Shevat 5780 | Mise à jour le 19/02/2020 à 18h14

Rubrique Sport

Ludovic Obraniak : « Au Maccabi Haïfa, une ferveur populaire comme à Saint-Etienne »

Arrivé au Maccabi Haïfa dans les derniers jours du mercato estival, l’ancien milieu de terrain de Lille et de Bordeaux (30 ans) vit temporairement dans un grand hôtel situé non loin du Mont Carmel. En attendant avec impatience les clés de son futur appartement dans la banlieue chic de Tel-Aviv. « Appelez-moi. Chambre 921 », nous écrit-il par texto, au lendemain de la défaite des siens à domicile contre le Maccabi Tel-Aviv (0-2), fin septembre. Entretien exclusif.

Actualité Juive : Comment se passe votre  intégration au Maccabi Haïfa qui a démarré de façon catastrophique la saison 2015-2016 (actuel dernier au classement avec 1 victoire, 2 nuls et trois défaites, ndlr) ?

Ludovic Obraniak : D’un côté, je me sens bien. J’ai été formidablement accueilli. Je me suis très vite adapté à l’environnement et à mon équipe. De l’autre, les résultats ne sont, pour l’instant, pas à la hauteur du prestige du club. Je reste cependant optimiste.


A.J. : Pourquoi avez-vous signé en Israël ?

L. O. : Mon été fut compliqué. Le Werder Brême (Allemagne), club auquel j’appartenais, m’a signifié que je n’entrais pas dans les plans du coach pour la nouvelle saison. Du coup, je me suis préparé quasiment un mois tout seul. Une vraie tannée. J’ai bien bossé. Je me suis accroché. J’ai reçu différentes propositions en France et dans d’autres championnats. Le Maccabi, ça s’est fait quasiment durant la dernière semaine du mercato.


A.J.: Connaissiez-vous Israël auparavant ?

L. O. : Du tout. Je dois dire que je ne savais pas trop à quoi m’attendre. Au final, j’ai été agréablement surpris par la qualité de vie et par la qualité de la Ligue. J’ai pu faire venir ma femme et mes enfants qui sont scolarisés sur place dans un établissement francophone. Le fait que ma famille puisse me suivre a été un élément central de ma venue au Maccabi. Lors de ma dernière expérience en Turquie (à Rizespor où il fut prêté par le Werder ndlr), j’étais tout seul. Aujourd’hui, je ressens vraiment le besoin de vivre avec ma famille pour m’épanouir.


A.J. : Comment êtes-vous perçu au Maccabi Haïfa où évolue la star  locale, Yossi Benayoun ?

L.O. : J’ai l’étiquette d’un joueur sérieux, passé par de grands championnats. J’ai un CV qui n’est pas inintéressant. Pour parler de Benayoun, j’ai de très bonnes affinités avec lui. On a ce point commun d’avoir connu l’Europe. C’est un garçon très intéressant tant sportivement qu’humainement. C’est un gentleman.


A.J.: Deux anciens pensionnaires de Ligue 1, Itaï Shechter (Nantes) et  Eliran Atar (Reims) évoluent dans votre équipe. Parlez-vous français ensemble ?

L. O. : Malheureusement non (rires), ils ne parlent pas français. La communication avec l’ensemble de mes coéquipiers se fait en anglais. 


A.J.: Le Maccabi Haïfa s’est doté depuis peu d’une nouvelle enceinte, « Sammy Ofer », d’une capacité de 30 000 places. Que pensez-vous des installations du club ?

L. O. : Elles sont dignes d’un bon club européen. Il y a des équipes de Ligue 1 qui n’ont pas nos installations. Notre stade est un peu l’équivalent de Geoffroy-Guichard en France. A Haïfa, il y a cette ferveur populaire comme à Saint-Etienne. 


« Involontairement, j’ai jeûné  à Kippour ! »


A.J. : Un mot sur le niveau du Championnat ?

L. O. : Le Championnat israélien est de bonne qualité. Le jeu est technique, assez rapide et porté vers l’avant. Tout est réuni pour avoir une Ligue de bonne facture. Il y a des nouveaux stades un peu partout dans le pays. Je trouve vraiment mon compte  en Israël.


A.J.: Impossible d’avoir pu échapper aux fêtes du calendrier hébraïque. Comment les avez-vous  vécues ?

L. O. : Au mois de septembre, vous y allez les gars ! A Kippour, je ne savais pas ce qui se passait. Je suis resté enfermé dans ma chambre toute la journée à ne rien faire et à ne pas manger. L’hôtel n’assumait plus le room service… Involontairement, j’ai jeûné !

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