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11 Décembre 2017 | 23, Kislev 5778 | Mise à jour le 11/12/2017 à 18h56

16 décembre - Chabbat Mikets : 16h36 - 17h49

Rubrique France/Politique

La marche de l’indignité

Crédit : Youtube

Lorgnant plus vers la « lutte des races » que l’antiracisme, et déployant un net antisionisme, « la marche de la dignité et contre le racisme » du 31 octobre aura été une démonstration de communautarisme.

Le samedi 31 octobre, entre 3.000 et 10.000 personnes avaient répondu à l’appel lancé en mai dernier par Amine Bentounsi, dont le frère avait été tué par un policier en 2012. Violences policières, discriminations et reconnaissance de leur singularité, leurs motifs légitimes pour marcher ne manquaient pas. Mais un slogan largement partagé a rapidement éclipsé ces bons sentiments : « protester contre le moule républicain qui nous écrase » (sic). Comme pour rappeler que le Parti des Indigènes de la République connu pour son antisémitisme était dans l’organisation de cette marche aux côtés de Tariq Ramadan.

A lire les pancartes des marcheurs affirmant que « l’assimilation est un colonialisme », on pouvait se douter que leur conception des rapports de force entre dominants et dominés mettaient en scène les blancs dominants, et que les dominés seraient, selon leurs termes, « les Noirs, les Arabes, les Roms ». L’esprit du 31 octobre : quand la lutte des classes devient « la lutte des races ». 

En filigrane, c’est le principe d’égalité devant la loi républicaine qui se voyait récusé pour être remplacé par l’affirmation des identités contre la République. Changement de paradigme ne pouvant qu’aboutir à l’exaltation des communautarismes. Ou le racisme inversé des antiracistes.

Cette épiphanie du multiculturalisme a séduit Edwy Plenel et les militants d’Europe Ecologie Les Verts et du Nouveau Parti Anticapitaliste. Ces deniers scandaient des slogans appelant à la « résistance », soutenant en particulier « la résistance palestinienne sous toutes ses formes » (sic). Les autres causes internationales étaient laissées sous silence. En effet, si les organisateurs ont exhorté la foule à hurler « Je ne suis pas Charlie » et à huer les noms de certaines personnalités – en vrac : François Hollande, Nicolas Sarkozy, Manuel Valls, Nadine Morano, Bernard-Henri Lévy, Michel Onfray, Eric Zemmour – Benjamin Netanyahou a été le seul homme politique étranger qui a eu l’honneur d’entendre son nom insulté. Le BDS pouvait tenir le haut du pavé au cours de cette marche. L’antisionisme était la valeur la mieux partagée par l’islamo-gauchisme en mouvement.


Un panneau avec l’inscription « Je suis Ilan Halimi » 

Peu gêné d’entendre les chef de l’Etat et du Gouvernement insultés, le député PS de la 9e circonscription des Français de l’Etranger, Pouria Amirshahi, n’avait pas hésité à placer ses pas dans ceux d’Houria Boudjelta – pour ne pas lui laisser tout le bénéfice médiatique, sans doute... Pourtant, la porte-parole du Parti des Indigènes de la République a rarement été avare en discours du pire. Entre autres dérapages contrôlés, elle a récemment accusé le gouvernement de « philosémitisme d’Etat ». 

Pour amplifier la confusion idéologique ambiante, un panneau avec l’inscription « Je suis Ilan Halimi » voisinait avec un groupe se faisant appeler « Autodéfense : juives et juifs révolutionnaires ». Leurs visages dissimulés témoignaient de leur audace. 

A la tribune, un orateur avait beau dire que « les quartiers avaient brûlé il y a dix ans pour mettre de la lumière », ce dimanche 31 octobre 2015, de cet incendie prétendument lumineux, il ne restait que les cendres.

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