Default profile photo

16 Décembre 2017 | 28, Kislev 5778 | Mise à jour le 14/12/2017 à 14h19

Rubrique Israël

Jonathan Curiel : « Il se peut que Pollard soit en danger aux USA »

A l’occasion de sa libération, Actualité Juive a rencontré Jonathan Curiel, responsable du Comité Français de Soutien à Jonathan Pollard.

Actualité Juive : Qu’avez-vous ressenti à sa libération ?
Jonathan Curiel :
Beaucoup d’émotion, même s’il n’en sera pas un homme libre pour autant vu le nombre de restrictions auxquelles il est soumis. Mais il va pouvoir au moins se soigner et être près des siens.

A.J.: Pourquoi cette décision de créer ce comité de soutien en 2013 ?
J.C. :
C’est l’affaire Snowden qui m’a fait réagir. A ce moment, on apprend que les Etats-Unis espionnent des pays amis. La preuve, Ehud Barak ou Ehud Olmert étaient écoutés. Espionner un pays ami est justement ce que reprochaient les Etats-Unis à Pollard. J’ai trouvé cela hypocrite  et je me suis dit qu’il fallait en parler.

A.J.: Comment avez-vous été  sensibilisé au cas de Pollard ?
J.C. :
Enfant, avec mon père, j’écoutais Radio J qui faisait le décompte de ses jours de détention. Son nom m’est resté en mémoire.

A.J.: Quel était le but du comité ?
J.C. :
Que les jeunes connaissent cette affaire et informer les médias afin qu’ils puissent, à leur tour, s’en faire l’écho.

A.J.: Vous avez présidé le comité français de soutien à Guilad Shalit. Etait-ce différent ?
J.C. :
Pour Guilad, il était d’abord essentiel de le faire reconnaître en tant qu’otage français, ce qui nous a permis de mobiliser plus aisément les médias nationaux. Or, Pollard est américain, les Français ne se sentent pas concernés.

A.J.: Cinq présidents américains, sept Premiers ministres israéliens se sont succédé et personne n’a pu le faire libérer. D’aucuns parlent d’antisémitisme. C’est votre avis ?
J.C. :
Tout est possible. Pour ma part, je pense que les Etats-Unis ont surtout voulu faire un exemple.

A.J.: Pourquoi Pollard décide-t-il d’espionner au bénéfice d’Israël ?
J.C. :
Je sais qu’il s’était rendu à Auschwitz et qu’en réaction il a eu envie de servir Israël.

A.J.: Alors traître ou héros ?
J.C. :
Il a espionné, c’est un fait. Pour les Américains c’est un traître et je peux le comprendre. Mais les renseignements qu’il a transmis ne mettaient en rien en danger les États-Unis. Le fait qu’Israël ait payé si cher pour ses informations est la preuve qu’elles en valaient la peine, donc, à ce titre-là, c’est un héros.

A.J.: Jonathan Pollard se sentait filé les derniers temps. Selon vous, a-t-il demandé à Israël de l’exfiltrer ?
J.C. :
Il l’a demandé, j’en suis persuadé, à son agent de liaison israélien sur place, Rafael Eitan, qui ne l’a pas aidé.

A.J.: Partagez-vous l’optimisme de Netanyahou qui pense que l’on devrait voir bientôt Pollard en Israël ?
J.C. :
Oui, c’est une question de temps. Les Etats-Unis devraient le laisser partir contre un renoncement à sa nationalité américaine. Je fais confiance aux diplomates des deux pays pour que cela intervienne le plus rapidement possible car il se peut que Pollard soit en danger
aux USA.

A.J.: Le rencontrerez-vous un jour ?
J.C. :
Ça me ferait très plaisir. Peut-être à l’Assemblée Nationale comme l’appelle de ses vœux Meyer Habib.

A.J.: Pourquoi cet engagement personnel pour Israël ?
J.C. :
Nous avons en France de nombreuses institutions. Mais, pour ma part, j’estime que l’on peut s’engager aussi à titre personnel. Le pouvoir de la critique, que je tiens à exercer, se gagne, mais il n’est exerçable que si soi-même on agit, ce que je fais.

Powered by Edreams Factory