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23 Février 2020 | 28, Shevat 5780 | Mise à jour le 19/02/2020 à 18h14

Rubrique Sport

Gérard Houllier : « Oui je repense au France-Israël de 1993… »

Crédit JN

A peine rentré de son aller-retour express à Madrid où il a assisté la veille au choc de C1 entre le Real et le PSG, l’ancien sélectionneur de l’équipe de France (1992-1993) nous reçoit au siège parisien de Red Bull, une entreprise qu’il a rejoint depuis 2012 en tant que directeur sportif mondial en charge du football. « Le PSG méritait de l’emporter à Bernabeu », nous glisse-t-il d’une voix légèrement déçue. Confortablement assis dans son bureau, l’homme de 68 ans, qui vient de publier un livre autobiographique («Je ne marcherai jamais seul», Editions Hugo Sport), accepte de se replonger pour Actualité Juive dans un autre match, vieux de vingt-deux ans… Entretien exclusif.

Actualité Juive : Vous revenez assez longuement dans votre ouvrage sur la défaite tricolore contre Israël (2-3) en octobre 1993 au Parc des Princes, qui participe de l’élimination de la France pour la Coupe du monde 1994 : « Raymond Domenech était allé superviser à ma demande l’équipe d’Israël à Bucarest où elle affrontait la Roumanie fin septembre, en match amical. Il ne jugea pas utile de rendre un rapport écrit, comme c’est l’habitude pour tout superviseur, et il affirma simplement un truc du genre : "Si vous ne gagnez pas, vous êtes des chèvres." (…) Je me reprocherai toute ma vie de m’être laissé " endormir ", comme anesthésié par un contexte émollient. » (…) Les joueurs eux-mêmes pensaient que le match ne représenterait qu’une simple formalité. Mais je ne veux attaquer personne : la faute incombait à l’entraîneur,    et à lui tout seul. Ma faute. Ma très grande faute. » Pensez-vous encore aujourd’hui à ce France-Israël ?

Gérard Houllier : Oui, ça m’arrive. Certaines images défilent encore dans ma tête. Comme cette pelouse gorgée d’eau. La France menait 2-1. Papin a la balle du 3-1. Mais dans le contre qui suit, Israël égalise. Puis marque un troisième but. On ne s’attendait vraiment pas à ce scénario d’autant plus qu’on avait fait un bon match à l’aller (victoire 4-0 à Ramat-Gan, ndlr). Nous étions pleins de confiance. Peut-être un peu trop… Même en perdant ensuite contre la Bulgarie (ce qui s’est finalement passé), une simple victoire contre      Israël nous aurait qualifiés pour le Mondial 94. Nous avions besoin de prendre deux points…

 

A.J.: Depuis cette retentissante déconvenue, vous vous êtes rendu à plusieurs reprises en Israël…

G. H. : Je ne suis pas du tout rancunier (rire). Je suis très ami avec Mordechaï Spiegler (ancien joueur du Paris FC et du PSG dans les années 1970, ndlr). Il m’a fait venir notamment pour rencontrer des entraîneurs du pays. Au printemps dernier, j’ai assisté à ses côtés à deux matchs de la sélection contre le Pays de Galles (0-3) à Haïfa et contre la Belgique (0-1) à Jérusalem. Je suis donc un peu le football israélien. L’équipe nationale avait pris un bon départ dans les qualifications pour l’Euro 2016. C’est dommage qu’elle n’ait pas confirmé…


« Le terrain me manque énormément. Mais je ne peux plus exercer pour des raisons médicales »


A.J.: Le poste de sélectionneur d’Israël est désormais vacant depuis le récent départ d’Eli Gutman. Si on vous le proposait, cela vous intéresserait-il ?

G. H. : Non. Le terrain me manque énormément. Mais je ne peux plus exercer pour des raisons médicales. Israël cherche vraiment un entraîneur étranger ?


A.J.: Cette option n’est, à l’heure actuelle, pas à exclure. Revenons sur votre carrière. Quels sont vos meilleurs moments ?

G. H. : L’ensemble de mes titres domestiques glanés en France et en Angleterre. J’ajouterai également le titre en Coupe de l’UEFA en 2001 remporté avec Liverpool. 


A.J.: Le joueur qui vous a le plus impressionné par son talent et son professionnalisme ?

G. H. : Il y en a toujours eu un dans chacun de mes clubs. Mais celui pour lequel je ressens une affection particulière, c’est Steven Gerrard. J’ai contribué à le propulser sur le devant de la scène. 

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