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02 Juillet 2020 | 10, Tammuz 5780 | Mise à jour le 02/07/2020 à 08h54

Chabbat 'Houkat - Balak : 21h38 - 23h01

Rubrique Culture/Télé

Ishtar : « Sur toutes les scènes du monde, j’explique qu’Israël est mon pays »

Crédit DR

Artiste internationale, Ishtar Alabina sera sur la scène du Casino de Paris avec un orchestre arabo-andalou pour une représentation unique le 7 décembre prochain.

Actualité Juive : L’on ne saurait commencer cet entretien sans évoquer les attentats qui ont frappé Paris. Qu’un public ait été visé lors d’un spectacle a évidemment touché l’artiste et qu’il y ait tant de jeunes parmi les victimes a sans doute aussi bouleversé la mère que vous êtes…

Ishtar : Et aussi en tant qu’Israélienne qui connaît cela depuis toute petite. Que la France, jusqu’à présent préservée, soit frappée me touche en tant que citoyenne. Mais je reste convaincue que les artistes, s’ils ne doivent jamais oublier, ont pour mission de transmettre de la positivité et de la joie autour de toutes les valeurs qui nous réunissent. Il faut dépasser ces épreuves terribles et tenter de continuer, pour nos enfants et pour l’avenir.  


A.J.: Votre grand-mère vous appelait «Ishtar», devenu depuis votre nom de scène. Proche de votre prénom Eti, diminutif d’Esther, il désigne la déesse akkadienne avec laquelle vous nous disiez partager «l’âme d’une guerrière». Serait-ce le sens de votre réponse quand vous serez sur scène ces prochaines semaines ?

I. : Absolument ! C’est une guerrière de la vie telle que je la conçois et la partage avec ceux que j’aime, ma famille, mon public : on peut trébucher mais on ne tombe pas.


A.J. : Lors d’un dernier entretien, «Actualité Juive» saluait la sortie de «Ishtar Alabina 7». L’album, qui apportait un son nouveau, a-t-il répondu à vos attentes ?  

I. : Ce n’était en effet que le septième album : c’est assez peu en regard de ma carrière. J’ai besoin de réfléchir et de mûrir, ce qui prend plus ou moins longtemps ! Pour répondre à votre question, je «n’attends» jamais rien d’un album :  je le fais, j’y mets toutes mes émotions et après, il ne m’appartient plus. Reste en moi le bonheur de le soutenir en faisant des scènes. Je me coule dans ce qui arrive et quoi qu’il advienne, je continue…


A.J. : S’il est quasiment impossible d’échapper à Ishtar lors d’une fête de mariage, de bar ou de bat-mitsva, votre présence s’est raréfiée dans les médias ou sur les scènes françaises. Pourquoi cette absence ? 

I. : Je suis quelqu’un d’entier, que ce soit comme artiste, femme ou mère. Les différents publics, les scènes, la reconnaissance en tant qu’artiste incarnant la rencontre de l’andalou et de l’Orient, tout cela m’a donné du bonheur et m’a fait grandir. J’ai fait une pause et j’ai eu mes jumeaux, fille et garçon pour lesquels j’ai voulu être une mère «parfaite». Je me suis lancée «à fond» dans cette maternité tardive où la musique était devenue secondaire. Le succès ne veut pas dire toujours briller. 



« Les artistes ont pour mission de  transmettre de la joie autour de toutes les valeurs qui nous réunissent »


A.J.  : Ce qui ne vous a pas empêchée de continuer de remplir des salles à travers le monde, comme ce fut le cas encore récemment lors d’une tournée au Canada, en Russie, en Israël et en Europe  de l’Est. Y êtes-vous perçue comme ambassadrice d’Israël ?

I. : Au cours de mes tournées, et particulièrement en Bulgarie où je vis une belle histoire avec le public, on me questionne sur l’armée, sur la situation en Israël, sur le fait que je chante en arabe. Je crois que je suis plutôt considérée comme une ambassadrice de paix et d’universalité, notamment à travers mes origines. Sur toutes les scènes du monde, j’explique qu’Israël est mon pays, celui où j’ai grandi et où j’ai acquis les valeurs de tolérance qui m’ont construite. J’explique aussi que c’est Israël qui m’a donné cette ouverture au monde et à l’autre.


A.J.:  Parlons de votre spectacle au Casino de Paris…

I. : Je poursuis ma collaboration entamée au Canada avec l’orchestre arabo-andalou de trente musiciens et le chef d’orchestre israélien Tom Cohen. Réécrits par lui, les arrangements des chansons ont une nouvelle ampleur, un écho encore plus authentique grâce aux instruments orientaux qui ont été introduits. C’est un peu comme si ces chansons avaient repris leurs vêtements d’origine. Après tous ces concerts, quelle sensation magnifique de découvrir une nouvelle part de moi-même ! Je me suis longtemps absentée de Paris et j’ai hâte de retrouver le public français. Je rentre de Séville et comme on dit là-bas, ça va vraiment être la fiesta !  


« Ishtar feat Alabina », le lundi 7 décembre, à 20h 30. Au Casino de Paris : 16 rue de Clichy - 75009 Paris. Réservation au 08 926 98 926  www.casinodeparis.fr

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