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11 Décembre 2017 | 23, Kislev 5778 | Mise à jour le 10/12/2017 à 13h04

16 décembre - Chabbat Mikets : 16h36 - 17h49

Rubrique France/Politique

La marque Eleven condamné pour avoir refusé d'embaucher des Juifs pour éviter de leur faire transgresser le Shabbat

Le vendeur s’était vu répondre que les responsables de l’entreprises « ont pour pratique de ne pas faire travailler les personnes de confession juive sur les périodes de shabbat, tout ça justement parce qu’ils sont très pratiquants » (DR).

La chaîne de prêt-à-porter a été condamné mardi pour avoir refusé d’embaucher des employés de confession juive. Motif: la direction n'aurait pas souhaité les faire travailler le jour du Shabbat.

 Le tribunal correctionnel de Paris vient de condamner l’entreprise « Eleven » pour discrimination à l’embauche. Les peines vont de 20 000 euros d’amende pour la chaîne de prêt à porter , à 5000 € pour l’ancien directeur réseau, dont la moitié avec sursis. Le président d’Eleven a pour sa part été condamné à 10 000 euros.

Cette entreprise de prêt-à-porter aurait refusé d’embaucher un salarié au terme de sa période d’essai au motif de son judaïsme. Plus étonnant : il semblerait que le patron, lui-même de confession juive, mène cette politique d’embauche parce qu’il ne veut pas faire travailler des juifs le jour du shabbat, quand bien même accepteraient-ils d’être à leur poste le samedi !

Dans une conversation téléphonique avec le responsable réseau, le vendeur s’était vu répondre que les responsables de l’entreprises « ont pour pratique de ne pas faire travailler les personnes de confession juive sur les périodes  de shabbat, tout ça justement parce qu’ils sont très pratiquants ».


Discrimination

En d’autres termes, pour ne pas être la cause d’une transgression shabbatique de la part  de son personnel de confession juive, l’employeur refuserait d’embaucher des juifs. Le motif religieux « protecteur » est donc double : empêcher la transgression chez l’autre, et s’empêcher d’être la cause fautive de la transgression de l’autre. Ou quand la protection religieuse devient une discrimination ! Somme toute, il est difficile de savoir si ces bonnes intentions ne servent pas de pavés à l’enfer. Il n’en reste pas moins que ce respect maximal du Shabbat qui en vient à constituer une discrimination est presque un cas d’école pour principe talmudique « Dina Demalkhouta Dina », « La loi du pays est la loi ».

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