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15 Décembre 2017 | 27, Kislev 5778 | Mise à jour le 14/12/2017 à 14h19

16 décembre - Chabbat Mikets : 16h36 - 17h49

Rubrique France/Politique

Pour le FN, « une défaite électorale mais une victoire idéologique »

Le parti lepéniste a en effet battu son record de 2002 en matière de nombre d’électeurs (DR)

L’Observatoire des radicalités politiques a dressé lundi un bilan contrasté des gains politiques engrangés par Marine Le Pen lors des régionales.

 Difficile de faire émerger, au lendemain du second tour des élections régionales, un vainqueur incontestable. Les résultats marquent en effet un « coup d’arrêt à la victoire du FN mais on ne peut pas faire comme si les résultats du premier tout n’existaient pas », note Jean-Yves Camus, à la tête de l’ORAP, une structure abritée par la Fondation Jean-Jaurès.

Le parti lepéniste a en effet battu son record de 2002 en matière de nombre d’électeurs (6,82 millions de voix contre 6,42 millions), augmentant son niveau du premier tour en profitant même, certes partiellement, de l’augmentation du niveau de participation le week-end dernier (de 49,91% à 58,46%). Le scrutin a néanmoins contredit le « storytelling » du FN sur le renouvellement générationnel, « la plupart des candidats FN [ayant] adhéré au parti dans les années 1980, voire en 1975 » relève Cécile Alduy. La co-auteure de Marine Le Pen prise aux mots. Décryptage d’un discours frontiste (Seuil) insiste sur les « ratés de la stratégie de dédiabolisation », engagée par Marine Le Pen depuis son élection à la tête du parti en 2011.


Reports de voix

Les reports de voix de la gauche vers la droite entre les deux-tours, en particulier en PACA et dans le Nord, confirment en effet en creux l’isolement dont souffre toujours le Front National, en dépit d’un contexte particulièrement favorable (attentats, crise des migrants). « Jamais les conditions d’une victoire du FN n’avaient été autant réunies » constate Gilles Finchelstein, directeur de la Fondation Jean-Jaurès.

« Première force politique mais force solitaire et presque inutile » à l’instar du parti communiste sous la IVe République, selon Jérôme Fourquet de l’IFOP, le FN sortira-t-il de son isolement ? De la réponse à cette question dépend l’issue des prochaines convocations électorales. Mais d’aucuns s’inquiètent déjà de voir le « discours du FN se dilue[r] dans un discours politique général visant parfois à le combattre ». « Il y a eu une défaite électorale du FN dimanche, mais une victoire idéologique ces trois dernières années » pointe Cécile Alduy.

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