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28 Novembre 2021 | 24, Kislev 5782 | Mise à jour le 04/08/2020 à 22h39

Rubrique Israël

Israël-Turquie, vers une normalisation

Binyamin Netanyahou et Tayyip Erdogan

Après plusieurs tentatives avortées, cette fois les deux gouvernements espèrent mettre un terme à cinq ans de crise. Avec un accord gazier en prime.

C'est probablement la détérioration des relations entre Ankara et Moscou qui a remis en selle les pourparlers en vue de normaliser les rapports entre la Turquie et Israël. Après qu'un de ses chasseurs a été abattu par l'armée turque, Vladimir Poutine a riposté en imposant des sanctions économiques à la Turquie, notamment en matière de fourniture de gaz. Une catastrophe pour Tayyip Erdogan qui a désespérément besoin d'énergie.

C'est le principal événement qui explique la reprise à un rythme intensif depuis quelques semaines des négociations entre Ankara et Jérusalem. Le 16 décembre, une rencontre déterminante a eu lieu à Zurich entre les émissaires israéliens et le vice-ministre turc des Affaires étrangères. Peu après, les termes d'un protocole d'accord filtraient dans la presse, indiquant que les deux parties étaient proches d'un compromis.

Selon les termes du projet, Israël, qui a déjà présenté ses excuses en 2013 pour la mort de dix ressortissants turcs, lors de l'assaut en 2010 du ferry Mavi Marmara par la marine de Tsahal, paiera une somme globale de 20 millions de dollars, qui seront versés sur un fonds d'indemnisation pour les familles des victimes. En contrepartie, le Parlement turc votera une loi annulant toutes les poursuites judiciaires contre des soldats et officiers israéliens sur l'affaire de la flottille pour Gaza et empêchant toute réclamation ultérieure. Les deux Etats normaliseront leurs relations diplomatiques en remettant en poste leurs ambassadeurs respectifs. La Turquie expulsera un des responsables de la branche armée du Hamas séjournant sur son territoire, d'où il envoie des consignes aux terroristes de Cisjordanie et réduira l'activité du Hamas en Turquie.


Les deux parties seraient proches d’un compromis

Reste le point le plus sensible, sur lequel les négociations ont déjà achoppé par le passé : la levée totale du bouclage de la Bande de Gaza exigée par la Turquie.  L'accord ne se fera pas aux dépens de la sécurité d'Israël, a averti le ministre Likoud Zeev Elkin. De son côté, Tayyip Erdogan a veillé à rassurer ses amis palestiniens islamistes. Le 19 décembre, le président turc recevait en visite privée le chef du bureau politique du Hamas, Khaled Meshaal pour l'informer des tenants du compromis avec Israël. La décision finale est d'ailleurs entre les mains de Binyamin Netanyahou et Tayyip Erdogan.

Si une solution satisfaisante est trouvée concernant Gaza, cela lèvera le dernier obstacle pour la concrétisation du projet gazier, qui intéresse les deux pays. La semaine dernière, le président Erdogan avait affirmé qu'un accord de normalisation avec Israël serait « bon pour nous, pour Israël, pour la Palestine et pour toute la région ». Israël pourrait alors vendre à la Turquie jusqu'à 10 milliards de mètres cubes de gaz extrait du gisement Léviathan et faire passer sur son territoire le gazoduc qui convoiera le gaz israélien vers l'Europe. Un programme désormais réalisable, puisque que Binyamin Netanyahou a définitivement autorisé le plan d'exploitation du gaz israélien. 

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