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23 Février 2020 | 28, Shevat 5780 | Mise à jour le 19/02/2020 à 18h14

Rubrique France/Politique

Alain Finkielkraut est-il tombé dans un guet-apens à "Des Paroles et Des Actes" ?

Capture d'ecran France2

Dans le dernier numéro de l’émission Des Paroles et Des Actes (DPDA), Alain Finkielkraut a été verbalement pris à partie par une femme présentée comme une citoyenne apolitique. Un « buzz » prévisible qui interroge sur la responsabilité de la chaîne.

Jeudi 21 janvier dernier, l’émission politique phare de France 2, présentée par David Pujadas, accueillait en direct Daniel Cohn-Bendit, ancien député européen, et Alain Finkielkraut, philosophe et nouveau membre de l'Académie française. Ils étaient invités à débattre sur le thème « Les deux France ». Après 40 minutes d’échanges, plutôt intéressants, David Pujadas interrompt le cours normal de l’émission et s’adresse à Alain Finkielkraut. Wiam Berhouma, « une jeune femme de confession musulmane, professeur d’anglais dans un collège », souhaite échanger avec lui. Pujadas précise qu’elle n’est encartée dans aucun parti…

Estimant d’abord que les musulmans sont victimes de racisme et qu’ils « subissent des attaques physiques, verbales et surtout politiques », allant même jusqu’à évoquer une « islamophobie institutionnelle », elle saisit la perche que lui tend Pujadas et interpelle Alain Finkielkraut. « Ces attaques sont encouragées par des discours politiques, et par des pseudo-intellectuels » qu’elle accuse d’avoir « surfé sur des peurs et alimenté des amalgames ». Caractérisant Finkielkraut de « semeur de haine et de discorde », elle conclut par un pathétique « pour le bien de la France, taisez-vous ».


L'intervention de  Wiam Berhouma avait été annoncée

David Pujadas, qui a laissé faire, oubliant son rôle de modérateur, avait le sourire. Tout comme Cohn-Bendit. Mais ce passage de 7 minutes qui a beaucoup fait réagir sur les réseaux sociaux, en dit surtout long sur la déontologie des responsables de DPDA. Quand on apprend que Wiam Berhouma ferait en réalité partie du mouvement de la Marche des femmes pour la Dignité, lié au Parti des Indigènes de la République, ce qu’elle réfute, on peut a minima s'interroger sur leurs motivations à orchestrer l’intervention d’une personne engagée, au discours politique cadré, sans la nommer comme telle. D’autant que sur les réseaux encore, l’intervention « buzz » de Wiam Berhouma avait été annoncée…

Malgré nos demandes répétées au service de presse, personne de l’émission n’a souhaité répondre. Dont acte. 

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