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30 Novembre 2020 | 14, Kislev 5781 | Mise à jour le 04/08/2020 à 22h39

Rubrique Israël

L'Autorité Palestinienne peut-elle disparaître ?

Mahmoud Abbas, âgé de 82 ans, est à lui seul l'Autorité Palestinienne. (FLASH90)

Les Palestiniens l'évoquent comme une menace diplomatique, les Israéliens comme un risque sécuritaire. De plus en plus, la disparition de l'entité politique palestinienne apparaît inéluctable.

Le 11 février, depuis Beyrouth, un membre du comité central du Fatah semait la panique dans les rédactions israéliennes. Muhammad Shtayieh venait d'annoncer que des délégués palestiniens qui devaient rencontrer dans la journée le coordinateur de Tsahal dans les Territoires, allaient lui notifier la suspension des accords d'Oslo et de la coopération sécuritaire avec Israël. « Israël n'est plus un partenaire, c'est un pays ennemi qui occupe notre terre » avait affirmé le responsable palestinien. Pourtant, la journée s'était passée sans autre événement et l'information classée dans le tiroir des fausses alertes.
Depuis l'éruption de la vague de violence en octobre dernier, les institutions palestiniennes ont débattu de la question, voté des décisions sur la suspension des accords bilatéraux et même menacé de mettre un terme à l'Autorité Palestinienne, pour obliger Israël à reprendre le contrôle total des territoires. Jusqu'à présent, il n'y a eu aucun passage à l'acte. En réalité, la coordination sécuritaire continue à fonctionner, ce qui permet à l'Autorité Palestinienne d'enrayer la montée en puissance du Hamas. Dans le même temps, l'Autorité Palestinienne sait que la poursuite des attaques contre Israël constitue un ciment qui empêche les Palestiniens de se retourner contre leurs propres dirigeants.


URSS
Pourtant, un autre problème, plus grave encore pourrait surgir plus vite qu'on ne le pense. Mahmoud Abbas, âgé de 82 ans, est à lui seul l'Autorité Palestinienne. Or, il n'a pas désigné de successeur, les dernières élections remontent à une décennie et son régime est gangréné par les divisions politiques et par la corruption locale. Que se passera-t-il le jour où il quittera le pouvoir ou qu'il disparaîtra ? Pour le ministre Likoud Zeev Elkin, les risques sont réels et il faut s'y préparer. L'ancien Juif d'URSS arrivé en Israël en 1990, se souvient à quelle rapidité s'était effondré le régime soviétique. Et Zeev Elkin regarde aussi du côté des pays voisins. Selon lui, il n'y a aucune raison pour que les soulèvements qu'on a vus en Egypte ou en Syrie, épargnent les territoires palestiniens, lorsque les conditions pour un tel bouleversement seront réunies. Dans ce cas, avertit le ministre membre du cabinet de sécurité, Israël devra faire face à un chaos sécuritaire en Judée-Samarie, où les premiers menacés seront les habitants des implantations.
Le système actuel tient principalement parce que le président palestinien sait que sa survie politique, mais aussi dans une certaine mesure sa survie physique, est garantie par Israël. L'après-Abbas, contrairement à l'après-Arafat, signifiera probablement la fin de l'Autorité Palestinienne. Un développement auquel réfléchissent sérieusement les dirigeants politiques et militaires israéliens.

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