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23 Février 2020 | 28, Shevat 5780 | Mise à jour le 19/02/2020 à 18h14

Rubrique Sport

OM-PSG: un classico rempli d'histoires

Avant Chelsea, les hommes de Laurent Blanc vont tenter dimanche soir de poursuivre leur échappée belle au Vélodrome face à des Marseillais motivés.

Il y a bien sûr l'Histoire, la grande. Celle qui voit le Paris-Saint-Germain dépasser le mythique FC Nantes, emmené par la bande à Karembeu, Makélélé, Loko et consorts, et ses 32 matchs sans défaite lors de la saison 1994-1995. Paris en est à 33, après sa victoire contre Lorient (3-1) mercredi, même si la performance des Parisiens s'étale sur deux saisons, ce qui aux dire mêmes de Laurent Blanc relativise l'exploit. Le coach parisien peut faire la fine bouche tant il sait le chemin à parcourir pour occuper une place sur l'olympe du football français. Un chemin qui passe par l'Europe.

Sur cette piste escarpée qu'empruntent à la fin de l'hiver les grosses cylindrées européennes, Paris doit encore prouver de quoi il est capable et la prochaine étape de l'ascension se nomme Chelsea, en huitième de finales de la Ligue des champions. Depuis quelques temps déjà, l'Europe est devenue la terre mission du PSG, éclipsant un championnat de France dont les équipes sont réduites, bon an mal an, à un rôle de sparring partners. "Le PSG veut faire l'histoire" annonçait Angel Di Maria, à la Une de l'Equipe vendredi.


Madeleine de Proust

Malgré la proximité du classico, rares sont ceux qui lieraient l'objectif affiché par le soliste argentin à l'affrontement qui s'annonce dimanche soir contre l'Olympique de Marseille (21h, Canal Plus). Fondamentalement, l'équipe de Laurent Blanc évolue à des années lumières de celle de Michel, l’entraîneur espagnol qui peine toujours à effacer la flamboyance d'El Loco Marcelo Bielsa dans les mémoires des fadas marseillais. Pourtant, faire vibrer la corde sensible des supporters des deux camps à la veille du "classico" est une option politique à laquelle les directions parisienne et olympienne résistent rarement. La première parce qu'elle ne parvient pas à s'assurer un plus large soutien populaire au Parc des Princes, en dépit des victoires et des buts en enfilade.La seconde parce qu'à défaut des plaisirs, rares, qu'offre la saison, il reste les souvenirs. Un Marseille-Paris restera, encore pour quelque temps, un temps fort de la saison des aficionados, une madeleine proustienne qu'on prend plaisir à retrouver, surtout quand le face-à-face tient ses promesses, comme en avril dernier (2-3). 

La tentation mémorielle peut prendre parfois le visage des anciennes gloires du club. Dans le Sud, Basile Boli, l'homme de la victoire européenne en 1993 et désormais conseiller du président Vincent Labrune est mis en avant de plus en plus régulièrement par le club. Conseils aux joueurs, échanges avec avec Labrune, tacle contre Bielsa: l'ancien patron de la défense olympienne est partout. 

Mercredi soir, face à Lorient (3-1), c'est Valdo l'ancien numéro 10 du PSG d'Artur Jorge (1991-1995), qui était chargé de réveiller les supporters endormis. Valdo, la cinquantaine bien portante, mais surtout métonymie de l'époque Canal plus. Celle que les moins de vingt ans ne veulent pas connaître, un temps où l'équipe d'Arthur George ou de Luis Fernandez n'était pas cette armada surpuissante qui écrase ses adversaires de manière rituelle mais bénéficiait du soutien passionné et bruyant des kops Boulogne et Auteuil.