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16 Novembre 2018 | 8, Kislev 5779 | Mise à jour le 14/11/2018 à 18h15

17 novembre - Chabbat Vayétsé : 16h51 - 18h00

Rubrique Communauté

Akadem, les savoirs juifs au pluriel

Laurent Munnich entouré de son équipe. (DR)

Le campus numérique sponsorisé par le FSJU et la FMS fête ses dix ans. L’occasion de revenir sur les mutations induites par le numérique sur les savoirs juifs.

Dans sa nouvelle « La bibliothèque de Babel », Borges imaginait un lieu qui contiendrait tous les livres déjà écrits et à venir. Un rêve vertigineux qui rappelle que chaque jour des savoirs sont produits et qu’il faut être au moment et au lieu de leur naissance pour espérer les saisir. A l’orée des années 2000, la généralisation des technologies numériques a donné la possibilité de conserver l’immédiateté de cette parole, fuyante par essence. Le directeur général du FSJU de l’époque, David Saada, imagine alors un lieu qui rendrait compte de la production de tous les savoirs du monde juif francophone. Akadem verra le jour à Tou BiChvat 2006. Le premier fichier mis en ligne était un cours de Yirmiyahou Yovel sur Spinoza.
 Quelques semaines plus tard, Akadem filme sa première vidéo, une conférence de Shmuel Trigano sur le politique dans la Bible. La graine est plantée. « En termes proprement juifs, explique Laurent Munnich, dirigeant historique d’Akadem, il s’agissait de retranscrire, dans l’écrit du numérique, la loi orale proférée chaque jour lors des cours, conférences et colloques ». Sur le site, la critique du dernier roman côtoie une recette de cuisine, un cours de hassidisme ou une étude talmudique au féminin. « Il fallait rendre compte de la pluralité religieuse et culturelle du judaïsme, et donner à chacun un fil pour le relier à son identité juive », ajoute Laurent Munnich. On peut imaginer que le travail quotidien de l’équipe, composée également de Sigalit Lavon à la direction éditoriale et Ruben Honigmann à la coordination, est proprement titanesque. Lieu de rencontres, Akadem occupe depuis dix ans une position d’observateur privilégié du judaïsme francophone.

« Il s’agissait de retranscrire la loi orale dans l’écrit du numérique »

Côté sombre, Laurent Munnich a constaté la multiplication des conférences ayant trait à l’antisémitisme. Côté clair, il se réjouit de la désinhibition vis-à-vis du Limoud, avec l’intérêt grandissant des femmes. Un sondage fait auprès de 1.000 utilisateurs du site a d’ailleurs montré une surreprésentation féminine pour les cours de Torah. Au fil du temps, l’équipe d’Akadem s’est mise à produire ses propres contenus. Le magazine culturel, bien sûr, mais aussi la rubrique « Alef-Beth pour commencer » qui donne une approche pédagogique des concepts fondamentaux du judaïsme. Surtout, le commentaire de la Paracha remporte un franc succès, tout particulièrement auprès des non-juifs (un-quart des visiteurs). L’édifice élevé depuis dix ans laisse entrevoir aujourd’hui des perspectives prometteuses. «  Le regard du judaïsme est à même de décrypter l’actualité et les enjeux de société ». Pour que la raison pure serve l’intelligence pratique.

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